oct 13 2005
REALISER UN ENTRETIEN POUR RECUEILLIR UN TEMOIGNAGE
Fiche méthode : REALISER UN ENTRETIEN POUR RECUEILLIR UN TEMOIGNAGE
Il faut respecter les consignes suivantes:
1°) Avant l’entretien avoir une idée assez précise de l’objectif à atteindre : Cet objectif, c’est la réalisation d’un texte de grande qualité, compréhensible par tous, respectant fidèlement les propos et les sentiments de la personne intéressée et dans lequel vous n’oublierez pas vos remarques personnelles, l’évolution de vos sentiments au fur et à mesure de l’entretien. [Chaque témoignage sera enrichi ponctuellement par des éclairages historiques très brefs afin de permettre de comprendre le contexte historique et les allusions contenues dans le témoignage. Il faudra donc effectuer encore quelques lectures a posteriori].
2°) Avoir le jour de l’entretien déjà une idée bien précise des thèmes que vous souhaitez aborder avec votre « gardien de Mémoire». La qualité du texte final dépendra en grande partie de la pertinence de vos questions.
3°) Avoir le jour de l’entretien des connaissances assez nombreuses et précises déjà sur la période de la guerre, de l’Occupation et de la Libération avec les débarquements alliés.
Pour cela :
a) Relire plusieurs fois les chapitres des encyclopédies des manuels d’Histoire sur la France de l’entre deux guerres et sur la Seconde guerre mondiale: retranscrivez tous les événements mentionnés sur une grande frise chronologique afin d’aider votre mémorisation des faits. Faire quelques fiches biographiques sur les personnages principaux de cette période en mettant en valeur la période 1943-1945…
b) Vos notes de cours de 3ème ( en fonction des différentes classes auxquelles vous avez appartenu, il est possible que vous n’ayez pas étudié les mêmes thèmes avec la même importance. Ce n’est pas trop grave. Les groupes pour les entretiens seront souvent mélangés, chacun devra échanger avec ses camarades ce qu’il aura retenu du cours qu’il aura suivi.
c) Les informations contenues dans les films documentaires diffusées avant et pendant le voyage dans le car.[ pour ceux qui partent à Caen ]
d) Les informations contenues dans le livret : « La Résistance française » fourni par les bons soins de votre professeur.
Pourquoi est- il nécessaire d’avoir des connaissances assez précises sur la période dont l’évocation sera au coeur des discussions?
- Il le faut pour éviter les questions trop générales : Ces gardiens de mémoire ne sont pas des professeurs d’histoire, des conférenciers professionnels. Mieux qu’un cours d’Histoire, ils vont transmettre une mémoire celle de leur vie, de leur expérience avec ses réussites et ses échecs… Leurs propos peuvent faire allusion à des faits, à des personnages que vous devez connaître. (De Gaulle, Pétain, Eisenhower…). Enfin, lors de la rédaction du texte que vous entreprendrez après le voyage, il faudra éclairer les propos de votre interlocuteur par des connaissances historiques précises. Pensez que les lecteurs de votre texte n’auront pas accompli une enquête aussi riche que la votre : vous devez les informer au mieux!
4°) Dans votre groupe vous répartir les tâches entre vous:
Elève s’inquiétant des aspects techniques de l’entretien (micro, magnétophone, cassette etc…
Elèves prenant des notes. Elèves chargés de mener les débats (même si chaque membre du groupe prendra au moins une fois la parole).
La composition du groupe est définie avant le séjour. Elle est définitive et ne peut être rediscutée.
5°) Prévoir l’ordre des questions (qui facilitera ultérieurement le travail de rédaction d’un texte) : Les regrouper par thème et chronologiquement.
Commencer obligatoirement par des remerciements et par vous présenter tour à tour à la personne que vous rencontrerez. Demander conseil à votre professeur de Lettres ou à votre professeur d’Histoire.
Si la plupart des questions seront établies à l’avance, en aucun cas vous ne devez en rester prisonnier. Il faut s’adapter à la personne que vous aurez en face de vous, demander des précisions, construire des questions complémentaires au fur et à mesure de la discussion. Avoir ce jour là, l’esprit très vif…
Penser que la vie de votre interlocuteur ne commence pas avec l’Occupation, ni ne s’arrête pas à la Libération. L’engagement dans la Résistance a pu être déterminante pour tout le reste de son existence…
Evoquer forcément dans votre question ce que vous aurez pu voir, entendre lors du séjour à Caen. Vous pouvez affirmer quelque chose et de cette affirmation peut découler votre question.
[Ex : Dans l'espace consacré à la Résistance au Musée, nous avons découvert une robe de mariée confectionnée avec un parachute allié - N'était-ce pas dangereux de réutiliser ainsi au grand jour ce que les Alliés faisaient parvenir au maquis ? Auriez- vous, vous même, pris ce risque ?...]
Les questions que vous poserez sont avant tout vos questions. Les professeurs d’Histoire et de Français peuvent être consultés pour corriger la formulation des questions maladroites ou pour établir avec vous un petit complément auquel vous n’aurez pas pensé mais en aucun cas pour vous « souffler » les questions à poser. Dés à présent convenir de rendez-vous avec vos camarades pour établir un canevas de l’entretien dont vous serez les animateurs.
Ne refuser pas les récits d’anecdotes, elles peuvent être très significatives d’une période, d’un état d’esprit… Formulez parfois vos questions de telle façon que votre interlocuteur soit mis en situation de vous en raconter.
Remercier à nouveau chaleureusement avant de dire au revoir.
6°) Les aspects techniques : Avant que la mémoire soit transmis par vos soins dans le texte, elle doit d’abord être correctement enregistrée. Cela évitera ultérieurement toutes contestations et il faudra garder très précieusement toutes les bandes d’enregistrement. Important : avant le séjour, coller dessus une étiquette avec « Entretien avec M……………….., à , le 10 mars 2008 » et le nom d’un élève du groupe responsable plus particulièrement des aspects techniques.
Dans chacun des groupes, un élève en particulier doit en effet être désigné par ses camarades pour s’occuper de l’enregistrement. Vous devez avoir au moins un magnétophone en parfait état de fonctionnement. Le technicien du groupe recevra au moins une cassette audio de 90 mm vierge de bonne qualité pour la réalisation de l’enregistrement.
Attention, vois si le collège ne peut vous prêter quelques magnétophones de qualité Les « techniciens » des groupes qui seraient en panne de magnétophone, devront se faire connaître immédiatement aux enseignants pour qu’il leur prodigue ses conseils.
Faire dans tous les cas des essais. Penser à prendre chez-vous des piles neuves, une prise multiple et une rallonge (marquer votre nom sur celle-ci… )
Si vous utilisez un micro extérieur, l’élève technicien gardera dans sa main le micro ( micro placé bien sur la hampe du micro ) et dirigera le micro à 10 cm environ de la bouche de la personne avec laquelle il y a dialogue. Pour poser des questions, faire un petit signe à l’élève technicien pour que toute la question soit nettement audible sur la bande.
Si le micro est incorporé à l’appareil, l’enregistrement question-réponse risque d’être moins bon. Il revient à l’élève technicien de faire en sorte que le «gardien de mémoire» soit le plus près possible de l’appareil. Le groupe devra poser des questions en se rapprochant le plus près de l’appareil. Si vous ne le faites pas, à l’écoute de la bande, les questions seront inaudibles et les bruits de fond domineront!
7°) Attitude: – Politesse et curiosité. – Pas de chewing-gum, ni de baladeur, pas d’attitude trop «relâchée». Le moins de stress possible sera obtenu si vous respectez bien les étapes de la démarche.
Vous participez à une expérience vraiment unique . Elle ne peut se renouveler éternellement. Penser que vous être devenu responsable de la transmission d’une mémoire qu’à votre tour, un jour, vous aurez à faire partager à vos enfants. Cette activité inhabituelle ne peut être pour vous qu’un moyen de vous enrichir au sens le plus large du terme. De la qualité de votre préparation, de votre aptitude à faire preuve de curiosité et de sensibilité dépendra la réussite de ces rencontres.
8°/ Dernier conseil : Méfiez-vous avec beaucoup de vigueur des « dérapages ». Forcez votre interlocuteur à dire « Je ». Il ne doit pas se retrancher derrière un exposé général sur la période. Ce qui compte, c’est son itinéraire personnel. Demander s’il a été témoin direct du fait évoqué, ou si ce fait lui a été rapporté. Si tel est le cas, demander de préciser comment il détient ces informations. Demandez-vous si la personne rencontrée a l’habitude de témoigner ou non ?
bonne enquête à tous!