sept 03 2008

Maquis de Saint Marcel : présentation.

Saint-Marcel est une petite localité du Morbihan située à une trentaine de kilomètres de Vannes. Ploërmel est à 19 kilomètres au nord, Malestroit à trois kilomètres à Test. Ce sont les villes les plus proches de ce petit bourg rural que deux routes à très faible circulation traversaient à l’époque. Cet éloignement des grandes voies de communication, la présence d’une végétation composite alternant cultures céréalières et taillis retiennent en 1943 l’attention des Alliés qui cherchent un site valable afin de permettre des parachutages d’armes, voire même d’unités aéroportées. Un terrain est plus particulièrement retenu. Bien que très isolé dans la campagne bretonne, il est facile à repérer d’avion car il se situe entre la ligne de chemin de fer Questembert-Ploërmel et la rivière Oust… Le terrain est homologué par les Alliés sous le nom de code de « Baleine » et à partir de mai 1943, c’est une DZ (dropping zone) qui reçoit de nombreux containers d’armes et de munitions.

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sept 03 2008

Maquis de Saint Marcel : M. Philippe Reinhart : « Qui ose gagne »

« Qui ose gagne » était la devise des parachutistes S.A.S. M. Philippe Reinhart fut l’un d’entre eux.

Cette formule, il l’a faite sienne pendant toute la guerre.

Un article de Ouest-France, publié à l’occasion du Cinquantième anniversaire du Débarquement, nous a permis de retrouver trace de Philippe Reinhart alias Sœur Philippe à Neuilly sur Seine.

Son aventureux passage à la Clinique des Augustines de Malestroit alors qu’il était un parachutiste S.A.S. blessé avait retenu toute notre attention et nous tenions vraiment à en savoir plus.

Rendez-vous fut donc pris et c’est très amicalement que Philippe Reinhart nous accueillit à son domicile et accepta de répondre aux questions auxquelles Olivier, Etienne et Julien avaient songées. Il avait eu la délicatesse de regrouper à notre intention un ensemble d’anciens articles de presse consacrés à celles qui lui avaient sauvé la vie : les religieuses Augustines de Malestroit et leur admirable supérieure. Mère Yvonne-Aimée.

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sept 03 2008

Maquis de Saint Marcel : Sœur Marie-Bernard, Communauté des Augustines de Malestroit.

Parmi les nombreux témoignages recueillis dans le cadre de notre enquête sur l’histoire du Maquis de Saint-Marcel, nous portons une attention toute particulière à l’entretien qu’a bien voulu nous accorder Sœur Marie-Bernard, au sein de la Communauté des Augustines de Malestroit, localité proche de Saint-Marcel. Ces religieuses s’occupent toujours de la clinique qui jouxte leurs bâtiments.

Sœur Marie-Bernard est entrée au couvent de Malestroit en 1930, à l’âge de 19 ans. Elle a bien connu Mère Yvonne-Aimée qu’elle a côtoyée jusqu’à la mort de cette dernière, en 1951. Elle est ainsi un témoin privilégié à la fois de cette période de la Résistance et des actes héroïques de celle qui fut sa Mère Supérieure, une personnalité exceptionnelle si ce n’est même extraordinaire.

Nous tenons, avant de vous livrer cet entretien avec le plus de fidélité possible, à remercier Sœur Marie-Bernard pour sa gentillesse et sa disponibilité. L’entretien eut lieu dans le parloir de la communauté, aux meubles cirés avec soin. Sœur Marie-Bernard vint avec quelques notes et cala son corps dans un grand fauteuil en chêne. Dans ses habits blancs, elle était rayonnante et nous souriait amicalement.

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août 29 2008

Maquis de Saint Marcel : Marie Chamming’s et Georges Chamming’s : Les mariés du maquis

 

Témoignages de Marie Chamming’s née Krebs et de son époux

Georges Chamming’s

Ce texte a été établi consécutivement à un entretien ayant eu lieu au Collège de Courdimanche en mai 1994. Depuis, l’ouvrage de Marie Chamming’s « J’ai choisi la tempête » a été republié en mars 1997 aux Editions France-Empire. Si ce texte y fait souvent référence, nous ne saurions trop conseiller à nos lecteurs de lire ce document exceptionnel, ce témoignage attachant.

II y avait ce jour-là, dans la vaste salle polyvalente de notre collège, beaucoup d’émotions contenues. Nous étions quatre et nous attendions, devant cent trente élèves de troisième, Marie-Claire et Georges Chamming’s, que notre principal était allé chercher à la gare. Nous étions plantées là, au milieu d’un décor d’où émergeait le beau portrait couleur sépia d’une jeune femme, ainsi que la photo d’un groupe de jeunes gens avec brassards et drapeaux, juchés sur le capot d’une traction-avant. Image de liesse populaire d’une ville libérée en 1944. Cette Libération de la France, Marie-Claire et Georges Chamming’s (que tout le monde appelle Geo) l’avaient tant espérée, tant attendue, tant préparée ! Et nous, nous attendions leur venue depuis longtemps. Nous avions lu le livre de souvenirs que Madame Chamming’s avait publié pour la première fois en 1964 sous le titre « J’ai choisi la Tempête » et nous revenions de Bretagne où Marie-Claire et Geo Chamming’s avaient connu les moments exaltants et douloureux de la Libération. Nos professeurs avaient créé un mur d’images en regroupant toutes les télévisions et magnétoscopes du collège. Un reportage sur l’histoire du Maquis de Saint-Marcel devait être diffusé à tous, en préambule à notre entretien. Chacun relisait les paroles du chant des Partisans que nous devions entonner à la fin. C’est à ce moment que le couple Chamming’s vint s’asseoir parmi nous. A nous de plonger alors dans nos notes, et aux Chamming’s de renouer avec leur passé. Plus de cinquante ans s’étaient écoulés.

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août 27 2008

Maquis de Saint Marcel. Joseph Jégo : La cavale d’un homme courageux…

La cavale d’un homme courageux…
témoignage de M. Joseph Jégo

joseph jego

En ce vendredi 18 mars 1994, l’homme avec lequel nous devions nous entretenir nous attendait dans le hall d’entrée du petit musée de Saint- Marcel. Sa taille moyenne, son apparence assez menue, n’avait pour nous rien de bien impressionnant. Cet homme était discret et sa voix n’était d’ailleurs pas très forte. Aujourd’hui encore, je me souviens surtout de son regard qui, lorsqu’il se remémorait avec beaucoup d’émotion certains souvenirs, ne nous fixait plus, tout comme une personne qui serait plongée dans un rêve soudain. Pourtant, il était parmi nous et manifestait clairement une grande volonté, une envie sincère de relater pour nous son expérience. Cela nous fit vraiment plaisir…

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août 27 2008

Maquis de Saint Marcel : Jean Havart : Parole d’homme.

 

 

«Je l’ai échappé belle. Ah ça oui, vous pouvez me croire ! »

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Le ton est donné. Jean Havart n’est pas homme à s’en laisser compter. Ses souvenirs sont là et les images remontent en foule avec une étonnante précision. Son évocation se précipite : l’arrestation manquée, la fuite, les papiers précipitamment détruits, le regard de l’officier allemand le toisant et tant et tant encore de moments forts qui ont composé son existence au cours des dernières semaines de l’Occupation. A 75 ans, Jean Havart déborde d’énergie et nos quatre élèves restent époustouflés par la force de caractère de leur interlocuteur.

Il eût été doublement regrettable de ne pas garder trace de cette étonnante rencontre. Exceptionnellement, nous avons donc réalisé ce texte, espérant restituer toute la vigueur de l’échange effectué, ainsi que toute la spontanéité et l’intérêt réel pris par ces jeunes au cours de l’entretien qu’ils menèrent de bout en bout.

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août 26 2008

Maquis de Saint Marcel : Abbé Henri Sassier : Un séminariste en guerre

« Lorsque la guerre débuta, je venais de finir ma seconde au petit séminaire de Ploërmel et c’était les vacances… ».

Ainsi, commença le récit que nous fit Henri Sassier, qui avait choisi de nous offrir une partie de son temps pour nous exposer les aspects principaux de sa vie de résistant alors qu’il se destinait à devenir prêtre. Ce qu’il est d’ailleurs devenu comme l’atteste une discrète croix au revers de sa veste. Il est aujourd’hui aumônier d’un hôpital breton mais de ses activités présentes, il ne dit rien tant il est préoccupé par le récit de son passé. Nous avons, à son écoute, oublié l’étrange cadre de cette rencontre réalisée sous le panier de basket d’un gymnase!…

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août 26 2008

Maquis de Saint Marcel : Jean Garnavault : Une exceptionnelle épopée à travers l’Europe en guerre.

Dans l’une des salles du Centre international de séjour d’ Hérouville, près de Caen, sous le regard attentif d’un journaliste professionnel, Cécile, Linda, Alice et Moussa, sont seuls ce 5 février 1993 face à Monsieur. Jean Garnavault. Ils lui ont demandé d’évoquer son extraordinaire passé de résistant. Ils ont préparé ce moment mais ils ne savent pas encore à quel point l’histoire de leur interlocuteur sort de l’ordinaire… Depuis, M. Garnavault nous a écrit pour nous soumettre de nombreuses précisions qui viennent enrichir considérablement ce document dont l’origine est une authentique rédaction d’élève. Voici donc le récit complété que Cécile a établi à la suite de cette rencontre, le récit d’un périple, vraiment peu banal à travers une Europe en Guerre, une Europe en feu de l’Espagne à l’Ukraine…

Tout commence lors de l’invasion allemande en 1940. Jean Garnavault est un jeune normand de 16 ans. Il vit dans la ferme familiale où il aide ses parents. Républicain dans l’âme, il n’accepte pas l’occupation nazie…

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août 26 2008

Maquis de Saint Marcel : Jean Daniel : « La chance de n’avoir jamais été vendu… »

Témoignage de monsieur Jean Daniel

Jean Daniel est l’actuel président des F.F.I de la région de Ploërmel.

C’est en 1943,à l’âge de 19 ans seulement qu’il devint résistant…

L’homme est affable et son visage rond et rieur invite à une communication facile. Avec un langage particulièrement savoureux, il confia auprès de Martha, Eric, Sirichith, Naziha et Ndenge son parcours de maquisard breton.

Nous avons choisi d’en retranscrire – en l’absence d’un authentique texte de synthèse rédigé par les élèves – les passages les plus significatifs.

Martha: Qu’avez-vous ressenti lorsque Hitler est parvenu au pouvoir ?

Avant-guerre, on ne se souciait pas vraiment de ce qui se passait en Allemagne. On était pas au courant et il y avait un tel bourrage de crâne dans la presse qu’en définitive on a fini par se laisser surprendre. On ne vivait que de mensonges. On était jeune, on allait au cinéma. Et les « Actualités » de l’époque qu’on y voyait, ce n’était que de la propagande… Personne ne nous avait parlé des camps de concentration où Hitler avait déjà fait interner des Allemands… Non, vraiment, on ignorait un tas de choses alors…

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mai 24 2008

Nos amis Frania Haverland , André Fournier « Gardiens de Mémoire » ont écrit :

Frania Haverland a écrit : «Tant que je vivrai »

http://www.editions-edite.fr/product_info.php?products_id=41

Tant que je vivrai
Tarnów, Plaszów, Birkenau et autres lieux
L‘arrivée du fascisme dans l’univers d’une enfant de 13 ans

Septembre 1939, Frania Eisenbach d’origine juive polonaise est une jeune adolescente de 13 ans lorsque l’armée allemande envahit la Pologne. « Avec ma musique je vais te faire rire et te faire pleurer » lui disait son père, musicien et chef d’orchestre, disparu dans la tourmente nazie comme plus des soixante membres de sa famille. Meurtrie à jamais par l’enfer du ghetto et de la vie concentrationnaire, six longues années durant, elle attendra plus de cinquante ans avant de pouvoir témoigner. Sa rencontre avec Dany Boimare, l’amitié et la confiance qui en naîtront, auront permis enfin la naissance de ce livre. Il n’existe aucune parole, quelle que soit la langue, pour décrire l’indescriptible, et aucun mot pour nommer l’innommable. Tous les survivants de cette catastrophe ou d’autres génocides le savent et peut-être quelques rares autres personnes. Il nous faut alors apprendre à lire entre les lignes, entre les mots et écouter les silences…

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André Fournier a écrit ;

Hommes : 40 Chevaux : 8 – La Guerre sans uniforme -

André Fournier vient de publier aux Editions de l’Odéon un livre de souvenirs, dans une première partie il y raconte la quotidienneté de sa vie dans la Résistance et dans la deuxième partie, son parcours dans l’effroyable univers concentrationnaire. Vingt ans, étudiant en médecine à Paris en mai 1940, il ne peut pas croire au malheur qui vient de s’abattre sur la capitale dans laquelle, quelques semaines plus tard les Allemands entreront. Pour le jeune carabin, seul à Paris, l’Exode de juin 40 se traduit par un voyage harassant de 13 jours, vers Toulouse, où se mélange la solidarité rencontrée avec trop souvent la pagaille des uns ajoutée à la lâcheté des autres. Exilé dans la ville rose, après quelques « bouffées de fierté » grâce à la voix venue de Londres et des amitiés retrouvées, il passe huit mois mobilisé dans les Chantiers de Jeunesse dont il ressort indigné avec une seule idée en tête : lutter contre l’apathie ambiante et rejoindre la Résistance. De retour à Paris, André Fournier rencontre Philippe Viannay et commence à diffuser Défense de la France. Avec Louis Pascano, dont la mère abrita un temps l’une des machines à imprimer ce journal, il rejoint le mouvement de Lecompte-Boinet : « Ceux de la Résistance », au sein duquel, dans l’Oise ils montent un réseau de renseignement et d’action « Libre Patrie », qui sera ensuite fédéré à Turma-Vengeance. Très vite le réseau se structure, le groupe constitué fait ses preuves et tisse peu à peu « une toile autour des troupes et des services allemands à tous les niveaux pour renseigner les Alliés ». Le 14 octobre 1943 André Fournier dénoncé est arrêté, interrogé et torturé par la Gestapo puis transféré au camp de Royallieu où le 27 janvier 1944 dans les célèbres et sordides wagons « HOMMES 40 – CHEVAUX 8 », il part pour un terrible et épuisant voyage vers l’indicible. Commence alors, pour André Fournier, un long parcours, de seize mois, dans l’enfer de Buchenwald, de Natzweiller et de Dachau. Le quotidien de ce parcours s’appelle « le block », « le Kapo », « le Revier », les appels interminables le matin avant le jour et le soir la nuit tombée, par tous les temps, « habillé d’oripeaux minables, chaussé de claquettes aux semelles de bois ». Dans ce bagne où toutes les valeurs sont renversées, le quotidien c’est aussi l’épuisement, la faim, la soif, ……parfois la fraternité, et aussi avec le rêve de ceux qu’on a aimés et de ce qu’on aime …. « Affecté un temps comme infirmier au « Revier » où il rencontrera le général Frère « émouvant de dignité », le contact avec les malades les plus infectés a raison de sa santé. Devenu médecin dans un Kommando à Neckargerach, c’est avec des moyens dérisoires et inadaptés qu’il soigne les polonais et les russes qui forment la majorité des déportés de ce camp. Le 4 septembre 1944 il franchit la grille du camp de Dachau où il y est de nouveau affecté en tant que médecin d’un « Block » et luttera contre le plus meurtrier des ennemis : le typhus. Effrayante description qu’il fait de ce camp envahi par cette épidémie dont il survit par miracle et du calvaire qu’il partagea avec les Généraux Delestraint et Frère, puis Edmond Michelet, qui furent un temps ses compagnons d’infortune.……et enfin le 28 avril 1945 les Américains libèrent le camp.

C’est un très intéressant livre – témoignage qui retrace par les précisions que l’auteur donne le vécu au quotidien d’un homme qui n’a jamais abdiqué comme Résistant et qui comme Déporté c’est toujours battu grâce… « à la petit lumière qui gît dans le corps qui s’écroule ».

par Jean Novosseloff

sur

http://www.memoresist.org/Hommes-40-Chevaux-8-La-Guerre-sans


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