juin 30 2011
CONCOURS NATIONAL DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION 2010-2011
DEVOIR DE LA LAUREATE DE 3e DU VAL D’OISE
Nous remercions M. l’Inspecteur d’Académie et ses services ainsi que les jeunes auteurs de ces textes de nous permettre, cette année encore, leurs diffusions. Nous en avons effectué le plus fidèlement possible la retranscription. Notre volonté n’est pas d’établir un devoir type mais de témoigner des efforts consentis par cette nouvelle promotion d’élèves afin que le souvenir de la Résistance ne disparaisse pas avec les derniers témoins…
Jean-François Couriol, secrétaire général du cern95
QUESTIONNAIRE :
Q : n° 1 :
Pendant la guerre Marie-José Chombart de Lauwe a été interrogée, torturée et déportée à Ravensbrück.
Q : n°2 :
Marie-José Chombart de Lauwe est arrêtée car elle était engagée dans la Résistance en tant qu’agent de liaison en Bretagne. Elle est interrogée par la Gestapo de Paris.
Q : n°3 :
Dans la plupart des cas, après leur arrestation, les Résistants étaient interrogés et torturés. S’ils ne parlaient pas, ils étaient souvent déportés ou exécutés.
Q : n°4 :
Dans cet avis, l’attaque contre un membre de l’armée allemande est qualifiée d’ »attentat ».
Q : n°5 :
Le commandant allemand du Grand Paris a prévu de fusiller dans un premier temps 5 communistes et/ou juifs. Si le coupable n’est pas découvert dans les huit jours suivant l’attentat, 15 autres juifs et/ou communistes ont été également fusillés. Enfin, 500 autres juifs et/ou communistes ont été déportés. Plus généralement, ce commandant fusille des otages suite à la loi du 22 août 1941 et il pratique la déportation d’otages çà la suite du décret Nacht und Nebel ( « Nuit et Brouillard »).
Q : n°6 :
Les juifs et les communistes, et plus généralement les membres de l’Anti-France ( socialistes, francs-maçons…) sont les victimes prioritaires de la répression.
Q : n°7 :
Le chef officiel de la Milice française est, d’après la loi, le chef du gouvernement, mais elle est dirigée par un secrétaire général.
En janvier 1943, le chef officiel de la Milice est Pierre Laval, Président du Conseil.
Q : n°8 :
Pour entrer dans la Milice française, il faut être français de naissance et volontaire, ne pas être juif et/ou adhérent d’une société secrète. Il faut être en bonne condition physique.
Q : n°9 :
D’après les textes, la Milice française se donne pour buts de participer à la vie publique du pays et de l’animer politiquement. Elle veut soutenir l’Etat français et maintenir l’ordre intérieur.
Q : n°10 :
Quelques jours avant le massacre d’Oradour- sur- Glane a lieu le débarquement en Normandie des Alliés (6 juin 1944).
Q : n°11 :
Les zones difficiles d’accès où se réfugiaient les résistants se nommaient les maquis.
Q : n°12 :
Pour entretenir le souvenir des victimes d’Oradour-sur- Glane, l’ancien village a été conservé à l’état de ruine afin de témoigner des souffrances des populations. Un nouveau village a été reconstruit plus loin . Un centre de la mémoire a été instauré.
Q : n°13 :
Klaus Barbie s’est particulièrement attaqué aux femmes et aux enfants, ainsi qu’aux juifs. Il s’en est aussi pris à de nombreux otages et résistants.
Q : n°14 :
Klaus Barbie a été jugé et condamné pour « crimes contre l’humanité » en 1987.
Q : n°15 :
Il était important de juger Klaus Barbie au nom des souffrances qu’il a infligées aux personnes qu’il a torturées et fait déporter.
PARAGRAPHE ARGUMENTE
« Il vaut mieux vivre peu et tomber en plein combat que vivre très longtemps et mourir dans son lit sans s’être élevé plus haut que l’ordinaire ». Cette citation de Jean-Pierre Vernant, historien de la Grèce antique et résistant, montre bien quelles ont été ses motivations pour s’engager dans la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Après l’armistice du 22 juin 1940, la France est occupée par les nazis et le régime de Vichy entame une politique de collaboration. Certains s’élèvent contre cette occupation et les occupants : on les connaît sous le nom de résistants. Ils étaient animés par des valeurs supérieures, les valeurs républicaines de 1789 et inscrites dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : la liberté, l’égalité et la fraternité, ainsi qu’un fort patriotisme. On peut se demander comment ces valeurs qui animaient les résistants ont pu transcender leur condition humaine face à une répression impitoyable et cruelle. Dans un premier temps, nous présenterons la chronologie de la répression. Dans une seconde partie , nous parlerons de la Résistance et de ses moyens de se protéger. Enfin, dans une dernière partie, nous évoquerons la mémoire de la répression et le jugement de ses auteurs.
Après l’armistice, la France est morcelée en zone occupée et rattachée ; la répression entre dans un cadre judiciaire et légal. C’est le droit pénal allemand qui s’applique et les peines sont sévères : entre le mois de juin 1940 et le l’été 1941 160 condamnations à mort ont été prononcées, mais seulement un quart sont exécutées car les Allemands ne prennent pas cette menace au sérieux. De plus, ils n’imaginent pas perdre la guerre en raison des victoires qu’ils remportent sur tous les fronts. Néanmoins, les Alsaciens et les Mosellans subissent une répression plus dure car ces deux régions ont été annexées par le Reich. Elles subissent une nazification et une germanisation : leurs habitants ne doivent plus parler qu’allemand, l’administration est entièrement faite en allemand etc. C’est pourquoi, dès 1940, certains se rebellent (en fêtant le 14 juillet par exemple) et des filières d’évasion vers la zone Sud se mettent en place. Ce phénomène s’accentue avec les mises en place successives du service de travail du Reich (printemps 1941) et le service militaire obligatoire dans l’armée allemande (août 1942). La répression est d’autant plus dure que le Reich désire voir les populations devenir allemandes. Deux camps sont ouverts : le camp de sécurité et de rééducation de Schirmeck et le camp de concentration de Struthof. Au total 27000 personnes y ont été déportées. Parallèlement, le régime de Vichy engage sa lutte contre ce qu’il considère comme l’Anti-France : juifs, communistes, francs-maçons et membres du Front Populaire. C’est un régime autoritaire qui cherche à asseoir son autorité et éliminer ses opposants. Les premiers à s’engager dans la Résistance en font les frais : on peut prendre l’exemple de Jean Zay, né d’un père juif, franc-maçon, ministre de le l’Education du Front Populaire, très pacifiste dans les années 30. Il cherche à rejoindre les Britanniques en Afrique du Nord, mais il est arrêté par des policiers français au Maroc. Son procès a lieu début octobre 1940 et est largement médiatisé. Jean Zay est vilipendé par la propagande vichyste, il est dégradé et condamné par le régime de Vichy. Il a été assassiné dans les bois, puis réhabilité par la cour d’appel de Riom après la guerre.
Le 22 juin 1941, le PCF entre dans la Résistance en même temps que l’URSS dans le conflit. Le nombre des communistes et leur organisation dérangent les Allemands. Après un premier attentat, différentes mesures sont prises. Le 22 août 1941, c’est la loi des otages : tous les détenus français sont susceptibles d’être fusillés. Certains résistants en font les frais comme Honoré d’Estienne d’Orves qui est fusille le 29 août 1941 alors que sa grâce avait été demandée plusieurs fois. En décembre 1941, le maréchal Keitel prononce le décret Nacht und Nebel qui autorise la déportation sans indication de destination des déportés les plus dangereux. 3 grands convois sont ainsi partis vers les camps. En août 1942, la collaboration s’intensifie avec l’accord passé entre Karl Oberg (chef de la SS et de la Police) et René Bousquet (Secrétaire Général à la Police du gouvernement). L’Allemagne peut ainsi étendre son emprise sur l’ensemble du territoire sans mobiliser de main d’œuvre supplémentaire. A partir de l’été 1942, la Sipo-SD prend totalement en main la répression.
Fin janvier 1943, l’Etat Français crée une police politique : la Milice, chargée de la répression de la Résistance. Par exemple, les FTP-MOI de Paris sont arrêtés. 100 policiers sont utilisés pour environ 60 hommes. Certains sont fusillés en février 1944 et les nazis célèbrent l’exécution en placardant d’immenses affiches rouges afin d’effrayer les populations. De plus, les nazis détruisent systématiquement les maquis comme celui des Glières (mars 1944) et procèdent à des massacres de populations comme à Oradour-sur-Glane, afin de couper la solidarité entre la masse silencieuse qui soutient la minorité de résistants.
« Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève ». Cette phrase illustre bien l’attitude des résistants face à la répression. Ils sont soumis à des règles très strictes afin de se protéger. Certains prennent des pseudonymes, comme le général Leclerc qui a pris ce pseudonyme pour protéger sa famille. D’autres, comme Jean Moulin, entrent dans la clandestinité. Ils utilisent des faux papiers et différents pseudonymes en fonction de leurs contacts. Jean Moulin n’a pas parlé, même sous la torture il n’a pas dévoilé son nom. Les résistants vivent avec la mort qui les guette, comme en témoigne Jean-Pierre Vernant. Il a dit qu’il était conscient des risques qu’il prenait et qu’il se sentait coupable lorsque d’autres étaient arrêtés.
Entre les mains de l’ennemi il était dur pour les résistants de résister à leur bourreau. Par exemple, Marie-José Chombart de Lauwe, s’est souvenue de l’attitude digne et stoïque du loup du poème d’Alfred de Vigny :
« Gémir, pleurer, prier est également lâche
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler »
D’autres ont tenu uniquement grâce aux valeurs qui les animaient. Lise Lesèvre a été longuement torturée puis déportée. Elle a témoigné contre son tortionnaire Klaus Barbie en 1987 lors de son procès.
Les organisations de Résistance prennent différentes mesures afin de se protéger : par exemple chez les FTP, on utilisait le cloisonnement : chaque membre n’en connaissait que deux autres. Les tracts et la presse clandestine avaient pour but de mettre l’opinion publique du côté des résistants, tout comme Radio-Londres, qui parlait et louait les résistants morts au combat et utilisait un vocabulaire antinomique à celui des nazis et de la propagande de Vichy. Certains résistants ont réussi à infiltrer les services de la répression, comme Roger Belbéch (1921-2010) qui a fourni des faux papiers et certificats de travail et d’hébergement.
A la Libération, le GPRF instaure le Service de Recherches des Crimes de Guerre afin d’identifier et de punir les criminels de guerre. La volonté des autorités de se souvenir est marquée par l’inauguration, en juin 1945 d’une exposition intitulée « Crimes hitlériens ». Elle est interdite aux moins de 16 ans en raison de la dureté des images et reconstitutions. Un Comité d’histoire de la guerre est également créé afin de recueillir des témoignages sur ce qu’a été l’occupation allemande de la France.
La volonté de juger des résistants commence par une épuration spontanée. Au cours de l’été 1944, des cours martiales non-officielles ont été improvisées dans les villages afin de juger les gens que l’on soupçonnait de collaboration. On estime à environ 8500 le nombre de personnes jugées et parfois exécutées. Une épuration judiciaire et légale prend le relais : 55000 personnes ont été jugées devant des tribunaux pour différends chefs d’accusation : acte de délation envers la Résistance, intelligence avec l’ennemi, acte nuisible à la Défense Nationale, atteinte à la Sûreté extérieure du territoire. Pierre Laval (président du Conseil) et Joseph Darnand (chef de la Milice) font partie des 1500 à 1600 personnes exécutées. Quant à lui, le maréchal Pétain est gracié et condamné à l’emprisonnement à vie en raison de son grand âge et de son rôle dans la victoire de la bataille de Verdun en 1916. Au niveau européen, les criminels nazis sont jugés lors du procès de Nuremberg ( novembre 1945 à octobre 1946) où François de Menthon est le procureur général qui représente la France. Y sont définis comme crimes de guerre : l’assassinat, l’exécution d’otages ; la torture, les mauvais traitements et la déportation aux travaux forcés des populations des pays occupés.
« Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de choses, dis-tu. Oui, c’est peu de choses. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles ». Cette phrase d’un ancien résistant, Jean Paulhan, illustre bien le désir des résistants de se battre malgré les risques. Ils étaient des soldats et tous, hommes et femmes face à la répression, sont morts pour la France et la défense de ses valeurs. Grâce à leur implication dans les combats contre le nazisme, la France a gagné sa place parmi les vainqueurs et n’a pas été occupée comme ce fut le cas pour d’autres pays. A ce titre, elle a pu juger les criminels de guerre nazis lors du procès de Nuremberg (1945-1946). Le souvenir de l’action des résistants est entretenu dans des mémoriaux, ainsi que par des manifestations et commémorations lors de dates anniversaires comme le 8 mai et le 18 juin.
Devoir de Mlle Maud Ginestet, scolarisée en 3ème au Collège P.Langevin-Wallon de Saint-Gratien.