juil 23 2010

André Heintz, Le professeur résistant.

La guerre survint lorsque notre interlocuteur était étudiant en anglais.

En 1943, d’ailleurs, il put obtenir comme stagiaire un poste de professeur à mi-temps à Caen, fonction qu’il conserva jusqu’au Débarquement.

Profondément anglophile, Monsieur Heintz a du dissimuler, notamment lors de ses cours, ses sentiments pendant toute la période de la guerre : une affirmation favorable à l’égard des Anglo-saxons, et aussitôt le risque de l’arrestation se présentait…

Malheureusement, un de ses collègues s’en rendit compte trop tard, lorsqu’il dut passer quinze jours en prison…

Notre interlocuteur, lui, eut la chance d’avoir des amis résistants. Grâce à eux, il a pu te devenir à son tour. Son nom de code était Théophile. Monsieur Heintz put connaître beaucoup de renseignements, car les Allemands avaient réquisitionné les maisons voisines de celle de ses parents, chez qui il vivait alors. Les Allemands avaient installé dans sa rue leur Etat-major, qui commandait plus de vingt mille hommes repartis sur toutes les plages du Calvados (de Ouistreham à Arromanches). C’est là que se déroulèrent les opérations majeures du Débarquement

En observant simplement les aller et venues des Allemands dans sa rue, Monsieur Heintz détenait déjà de nombreuses informations. A Caen, les Allemands avaient décidé de construire, avec l’aide de travailleurs de force requis dans tous les pays vaincus par les nazis, un vaste tunnel long de soixante-dix mètres, sur lequel s’élève aujourd’hui le Mémorial pour la Paix, afin d’y trouver refuge en cas d’attaque.

Au matin du Débarquement, ce fut logiquement là que se réfugia l’Etat-major allemand. Pendant sa construction, Monsieur Heintz intrigué par ce chantier, voulut en découvrir l’exacte utilité. Régulièrement, il fréquenta les cafés où le soir, les travailleurs du chantier prenaient un peu de bon temps. En buvant, certains livraient des informations. Pour ne pas éveiller l’attention, Monsieur Heintz se faisait relayer par d’autres résistants de son groupe. Comme un puzzle, petit à petit, indice après indice, ils purent reconstituer le plan détaillé du souterrain : « vers la fin des travaux, affirma Monsieur Heintz, on a pu avoir une idée très exacte de la disposition et de la fonction exacte de chaque salle ». Le soin que les Allemands avaient mis pour creuser un réseau de très longues et très grandes tranchées, qui partaient toutes du tunnel l’intrigua alors aussi beaucoup. Elles allaient vers l’aérodrome et vers la côte, reliant les différents états-majors régimentaires. Le souterrain partait aussi au central téléphonique que les Allemands avaient établi dans un blockhaus, près d’une des portes de Caen. Cet ensemble en pleine construction avait bien une importance capitale, que les Alliés ne pouvaient pas négliger. Les britanniques ne se décidaient pas à bombarder ces sites stratégiques allemands. Inquiets, Monsieur Heintz et ses amis craignirent que les plans expédiés ne soient pas parvenus à Londres. En fait, après la guerre, les Anglais lui expliquèrent qu’il n’en était rien : ils avaient préféré continuer de bombarder sept à huit fois plus le Nord de la France que la Basse-Normandie afin d’accréditer l’idée dans l’esprit des Allemands que s’il y avait débarquement, il aurait lieu dans le Nord et nulle part ailleurs… Certainement pas en Normandie.

Pour Monsieur Heintz, être résistant, cela voulait dire aussi continuer une vie normale. Dès le début de l’Occupation, il se mit à arracher les affiches de propagande allemande. Par la suite, avec les responsabilités plus importantes qu’il prit dans la Résistance ce type d’activité cessa pour lui il était inutile de se faire prendre pour si peu… Il lui fallait être de plus en plus prudent. Monsieur Heintz passa ces années logé chez ses parents, et il enseignait…

La crainte d’une arrestation restait présente à son esprit tout le temps. Sa hantise était plus forte la nuit, car la Gestapo pouvait intervenir n’importe quand. C’est pourquoi, par précaution, il dormit par terre, à côté de son lit, enroulé en hiver d’une couverture, qui aurait pu être repliée très rapidement le cas où…

Ses parents n’auraient pas été alors inquiétés, puisque le lit n’étant pas touché, sa présence nocturne devenait ainsi difficilement prouvable.

Parmi toutes les missions que Monsieur Heintz dut accomplir, l’une des principale fut d’organiser la cache et le retour en Angleterre des soldats alliés parachutés en France qui risquaient d’être faits prisonniers. Il dut aussi empêcher les Allemands de prendre les archives laissées par l’armée française lors  de la débâcle militaire de juin 1940, et préserver le moral des Français en distribuant des tracts lâchés la nuit par la RAF.

L’efficacité de Monsieur Heintz lui permis de se voir confier des missions encore plus sérieuses. Il entra ainsi dans les services de renseignements et on le chargea d’envoyer aux Anglais le maximum d’informations concernant les mouvements allemands et leurs bases militaires, notamment aériennes. En effet les Alliés encourageaient vivement les opérations de renseignements, particulièrement dans la région de Caen et de Bayeux. Afin de préparer les opérations du 6 juin, il était capital pour les Alliés d’obtenir, par exemple le nombre de personnes susceptibles de parler anglais et donc de guider les soldats au moment du Débarquement, ou au contraire le nom et le nombre de personnes pouvant aider l’ennemi.

Monsieur Heintz aida de nombreuses personnes à changer d’identité : hommes cherchant à échapper au STO (service du travail obligatoire), résistants pourchassés…Il distribua aussi des journaux clandestins. « Les Alliés craignaient, souligne Monsieur Heintz, les actions violentes de sabotages réalisées par la Résistance, qui aboutissaient à de graves mesures de représailles allemandes, qui ne faisaient que perturber considérablement les travaux d’enquêtes britanniques.

A partir de 1942, les Alliés firent d’ailleurs tout ce qu’ils purent pour limiter les actions de sabotages dans notre région » Mais, en avril 1942, par deux fois, des trains déraillèrent sur la ligne Caen-Paris. Des représailles très dures eurent lieu. » La circulation était alors interdite de 19 heures 30 à 6 heures du matin. Tous les restaurants, cinémas, théâtres, précise Monsieur Heintz, devaient fermer dès 18 heures. Les réunions, même sportives étaient suspendues… Notre interlocuteur garde un souvenir douloureux de l’exécution de trente personnes : juifs, communistes ou résistants… Placardé sur les murs, un texte allemand disait : « au cas ou les criminels ne seraient pas trouvés dans les trois jours, quatre-vingt autres personnes seraient exécutées, mille communistes, juifs, ou autres terroristes seraient déportés ». Moments douloureux pour tous… « même, fait malicieusement remarquer Monsieur Heintz, pour les autorités françaises collaboratrices : le maire, le préfet qui avaient souvent la tâche ingrate de désigner les otages. » Les résistants prisonniers étaient souvent comptés parmi les otages fusillés. Mais, indignées, les autorités intervinrent parfois pour réduire le nombre de déportés. Monsieur Heintz ne cache pas son sentiment d’alors : la peur… la peur, non de mourir, mais la peur que les souffrances de la torture nous fassent « parler. On se savait courageux, ajoute Monsieur Heintz, mais on ne peut pas savoir à l’avance comment on peut résister à la souffrance. Les représailles désorganisaient tout : la population avait peur, les réseaux étaient bouleversés par l’arrestation de résistants Une fois, avant la Libération, notre témoin a essayé de devenir gendarme pour éviter d’être envoyé en Allemagne au STO Son stratagème n’a pas fonctionné, et il dut partir par train pour Francfort sur Oder en Allemagne. A la gare, les Allemands l’obligèrent à donner sa convocation en trois fois pour l’empêcher de s’enfuir. A chaque contrôle, un des trois volets de la convocation était découpé : le premier à l’arrivée sur le quai de la gare, le second en montant dans le trahi, le troisième pendant le voyage. Monsieur Heintz, une fois installé dans te wagon, n’était obsédé que par une seule chose : trouver une solution pour fuir. Ce n’était pas simple car il fallait se méfier autant de la sentinelle allemande que des autres jeunes français, parmi lesquels pouvaient se cacher des collaborateurs ou des espions allemands. Il vérifia s’il y avait une autre porte de sortie de l’autre côté du wagon. Par bonheur, il y avait une porte ouverte ; sans plus réfléchir, il s’échappa, et se cacha parmi les rames du train qui stationnait. Il attendit que le train parte, et se  retrouva libre…

Afin que sa fuite soit oubliée des Allemands, il se réfugia pendant cinq mois dans une ferme de la Manche. Puis, décidé à rentrer à Caen, il sollicita d’un ami fonctionnaire d’enlever son nom de la liste des personnes devant partir au STO et de l’inscrire dans celle des inaptes. Puis, il put trouver un poste dans un collège de Caen, qui manquait cruellement de professeurs…

Son groupe de résistants ne stockait pas d’armes. Afin de ne pas être repéré de l’ennemi, chacun devait s’efforcer de continuer de mener une vie normale. Il fallait cependant être toujours très méfiant, dissimuler ses convictions profondes…

Monsieur Heintz usait d’un subterfuge pour se dissimuler : paraissant plus jeune que son âge, revêtu souvent d’une culotte courte, Monsieur Heintz devenait ainsi un adolescent insoupçonnable… Qui pourrait croire à un terroriste en culotte courte?

Les habitants de la région de Caen n’avaient pas, selon lui, de sentiments hostiles à la Résistance. Bien au contraire, il y aurait eu, dans la région de Caen, une forme de résistance très particulière : les aviateurs alliés, par exemple, ont toujours trouvé chez les fermiers de la région une cache. Ceux-ci l’ont souvent fait au péril de leur vie. Mais l’aide des populations locales a malheureusement été parfois inefficace car les personnes pourchassées par les Nazis n’ont pas toujours su comment contacter le réseau de résistance. Par contre, ils savaient que le curé ou l’instituteur, en qui on avait généralement confiance, et qui étaient en relation avec beaucoup de monde, pourraient vraisemblablement les informer. Lorsque en 1943 le STO apparut, les secrétaires de Mairie aidaient aussi fréquemment les gens à obtenir de fausses cartes d’identité. Pour cela, ils recherchaient dans les archives municipales celui ou celle dont le signalement correspondait le mieux avec la personne désireuse de changer d’identité. En définitive, le plus souvent, deux personnes circulaient avec les mêmes papiers, seule la photo était différente. Comme la probabilité que les deux personnes soient arrêtées en même temps était infime, le stratagème a assez bien marché. Se procurer des tickets de rationnement, indispensables alors pour se nourrir, était beaucoup plus difficile. Vivant sous un faux nom, on risquait en effet de se faire démasquer en revendiquant à la mairie des tickets que le véritable possesseur de l’identité que l’on portait avait très bien pu aller chercher quelques instants auparavant… Chaque mairie recevait un stock de tickets de rationnement à chaque début de mois. Avec la complicité des employés de mairie, des vols étaient organisés, les employés étaient alors bâillonnés et attachés pour ne pas faire douter de leur complicité. Ainsi, beaucoup de gens prêtèrent main-forte à la Résistance sans vraiment en faire partie…

La vie quotidienne des résistants était rude. Beaucoup vivaient loin de leur famille, achetant au marché noir très cher leur nourriture, changeant fréquemment de gîte. Leurs frais étaient partiellement couverts par les Alliés qui envoyaient de l’argent lors des parachutages.

Le groupe résistant de Monsieur Heintz écoutait la BBC de Londres pour connaître les nouvelles et recevoir des ordres. Monsieur Heintz avait un poste à galène qu’il avait fabriqué lui-même. C’est un petit récepteur pour recevoir les ondes radio, qui est aujourd’hui exposé dans une vitrine du Mémorial pour la Paix à Caen. Il avait l’avantage de fonctionner sans pile ni électricité. Il l’avait caché dans une boîte de haricots secs. Le réseau de Monsieur Heintz avait une radio émettrice, avec un opérateur-radio dont un seul membre du réseau connaissait l’identité et la localisation. En général, il émettait dans la campagne, la grande antenne cachée au milieu d’un champ de blé. Quand c’était l’été, il s’y sentait plus en sécurité. Il fallait faire vite pour transporter le matériel et émettre. En effet, en dix minutes seulement, les Allemands pouvaient repérer d’où partaient les messages grâce à leurs appareils de radio-détection (système de triangulation).

Un jour d’avril 1944, le concierge du collège Saint-Joseph de Caen vint trouver Monsieur Heintz en plein cours : une dame souhaitait le rencontrer immédiatement… Il dut abandonner sa classe pour se retrouver face à face avec une inconnue, qui lui affirma d’emblée qu’elle était l’épouse de son chef de Résistance, Monsieur Berjot, et qu’elle désirait lui indiquer les messages relatifs à un futur débarquement allié. Très intrigué par cette visite, Monsieur Heintz restait sur ses gardes. Il n’était effectivement pas supposé connaître le véritable nom de son supérieur : pour lui, Monsieur Berjot était Monsieur Courtois. Monsieur Heintz craignait d’être ainsi provoqué par un agent nazi.

Soucieux de savoir si une voiture de la Gestapo n’était pas dans les parages, il entraîna la dame vers la sortie du collège. Comme il ne vit aucune voiture allemande, il devint un peu plus confiant. La dame lui transmit une liste de phrases clefs qu’il devait mémoriser par cœur. Monsieur Heintz s’en souvient encore parfaitement : L’heure du combat viendra devait annoncer un débarquement anglo-américain dans la semaine qui suivait ; Les dés sont sur le tapis donnait l’ordre de procéder à des opérations de sabotages et II fait chaud à Suez devait lancer les ultimes destructions des ouvrages d’arts (ponts, voies ferrées, pylônes électriques, etc…). En revanche, Les enfants s’ennuient au jardin annulait toutes les opérations. Monsieur Heintz retrouva sa classe, rendue silencieuse par la présence du directeur, qui ne pouvait accepter qu’un enseignant laisse sa classe en plein cours.

Monsieur Heintz ne put se justifier valablement : « je ne pouvais pas lui dire que j’étais en train de contribuer à sauver la France ! »

Le premier Juin 1944, environ une semaine avant le Débarquement, il entendit à la BBC un message perdu parmi beaucoup d’autres : l’heure du combat viendra. Ainsi, il fut le premier de son groupe à savoir que le Débarquement aurait lieu dans la semaine. Il fallait s’organiser, faire vite… Son groupe devait mettre aussitôt au point des actions de sabotages pour paralyser les lignes de communication ennemies, détruire les aiguillages… Le 5 Juin 1944, alors qu’il commençait à désespérer, il entendit enfin à la radio à 21 heures 30 : Les dés sont sur le tapis. Cette fois-ci, c’était sûr, les sabotages devaient débuter, le Débarquement était engagé. Cette annonce le remplit d’une joie profonde, mais qu’il dut taire : personne ne devait encore savoir, pas même ses parents, ni ses amis intimes. Ce secret était lourd à porter pour Monsieur Heintz qui était conscient que les opérations qui allaient s’engager, risquaient d’être très dangereuses pour tous les habitants de la région.

Le 6 Juin 1944, Monsieur Heintz a éprouvé un sentiment formidable : Après avoir tant souffert, la Libération tant attendue était enfin arrivée… C’était extraordinaire, la plus belle chose de ma vie. Malheureusement pour lui, il ne put prendre une part active aux

combats de la Libération. Il devait continuer de surveiller, de chez lui, l’Etat-major allemand. Par conséquent, il ne put pas sortir… Bien que les planeurs alliés soient arrivés dès 23 heures, et qu’à 2 heures 30 du matin, plus de quatre mille parachutistes étaient largués dont deux-mille-cinq-cents tout près de Caen, Monsieur Heintz ne remarqua aucun mouvement chez les Allemands. Ce ne fut qu’à 3 heures 30 que la première estafette allemande survint, et il fallut bien attendre trois quarts d’heure pour voir finalement se développer une bruyante agitation. Ce n’est qu’à 8 heures finalement qu’il n’y eut plus personne dans l’Etat-major allemand. Les Allemands s’étaient réfugiés dans leur fameux tunnel, dans lequel ils restèrent jusqu’au 23 Juin. Tous les ordres allemands lors du Débarquement furent donnés de cet endroit. Bombardements, canonnades intensifs se succédèrent désormais. A sa mère qui lui demanda ce qu’il faisait tout habillé à quatre heures du matin, alors que tous les deux se retrouvaient sur le palier, Monsieur Heintz resta toujours aussi secret. Sans avouer à sa mère qu’il s’agissait des bruyantes opérations du Débarquement qui débutaient, il lui fit comprendre qu’il était judicieux de mettre de côté quelques biens, de la nourriture et surtout de l’eau au cas ou une évacuation rapide s’imposerait… Sage précaution puisque dans la journée du 6 Juin, Caen n’avait plus d’eau, d’électricité ni de gaz… Et cela pour plus de six mois ! il fallut organiser des soupes populaires. Des bénévoles aidaient les plus démunis, regroupés dans les bâtiments de l’Abbaye aux Hommes (mairie actuelle de Caen). Des vaches tuées par les bombes, et c’était déjà des dizaines de bouchers qui procédaient au dépeçage des animaux, et au partage de la viande. Tout le monde vivait alors de ce ravitaillement de fortune. A ce moment, Monsieur Heintz était préoccupé de garder le contact avec son chef de réseau, qui habitait sur la côte, là où les combats était alors les plus intenses. Avec le Débarquement, la liaison entre eux était interrompue. Où étaient cachées les armes ? Monsieur Heintz ne le savait pas. Ainsi, fut- il en définitive totalement coupé de la Résistance : « Je ne pouvais plus rien faire pour la Résistance, aussi je me suis engagé dans la Croix rouge »…

Pendant quatre jours et quatre nuits, Monsieur Heintz ne put dormir tant il y avait de blessés à transporter.

Les camps de concentration, Monsieur Heintz en connaissait l’existence, depuis qu’il avait participé à une quête en faveur du doyen de son université qui venait d’être déporté. Mais, jamais, il n’avait pu en soupçonner toute l’horreur. Il ne le découvrit qu’après la guerre, bien qu’il ne vit pas non plus le retour des déportés… Pour des raisons personnelles, il était alors parti en Ecosse.

Le 8 mai 1945, Monsieur Heintz fut officiellement invité par le maire d’Edimbourg sur l’estrade d’honneur pour assister au défilé des troupes et recevoir le salut de la victoire, «j’étais heureux, nous dit-il, la victoire tant attendue était là. Mais j’étais triste en pensant à tous les amis perdus, à ceux de la prison de Caen qui furent abattus par six le jour du Débarquement, et qui auraient mérité bien plus que moi d’avoir cet honneur».

Pendant toute l’Occupation, Monsieur Heintz ne fut pas inquiété par la Gestapo malgré l’arrestation d’un de ses chefs, qui courageusement ne révéla rien aux Allemands… Pour lui, aujourd’hui, il est évident que le Débarquement est arrivé à temps, car les Allemands commençaient à en savoir vraiment de plus en plus sur les résistants et l’organisation des réseaux.

Dans les années qui suivirent, Monsieur Heintz fut professeur à l’IUT de Caen où il dut enseigner le français, et ceci même à des élèves allemands. Il ne les aimait pas particulièrement, mais il essayait de les traiter comme les autres étudiants. Il ne pouvait pas s’empêcher de les imaginer avec un uniforme et un casque… Aujourd’hui, il est heureux que la France et l’Allemagne se soient réconciliées. Il est satisfait aussi de voir ses petits enfants partir en Allemagne à l’occasion d’échanges linguistiques et culturels. Mais, il a du mal à oublier cette période. Il pense que l’on doit être vigilant afin que de telles épreuves ne se reproduisent plus jamais…

J’ai trouvé notre projet de travail. très intéressant et enrichissant.

Le témoignage de Monsieur Heintz m’a beaucoup touché et je pense qu’avoir le témoignage d’une personne qui fut résistant et qui a vécu le Débarquement est important pour bien être sensibilisé sur 1′ horreur que peut représenter la guerre. Après avoir écouté ce témoignage, nous ne pouvons plus admettre que certaines personnes soient égoïstes, racistes et aussi peu tolérantes. On est en droit de se demander si ces nouveaux actes d’intolérance ne seraient pas les germes de nouveaux conflits. Cela, il faut l’éviter à tout prix.

Propos recueillis et mis en forme par J S, 15 ans.

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