mar 20 2008
Le fondateur : René Nodot
En 1942, à 17 ans, il participe à un camp de “retour à la terre”, chantier de jeunes organisé par le gouvernement de Vichy : les jeunes citadins y remplaçaient les hommes prisonniers de guerre. Pensant donc travailler dans une ferme, René Nodot quitte l’Oise. Vite convaincu qu’il n’y a rien à attendre de ce type d’organisation, qui ne fait que diffuser la propagande du régime pétainiste, René Nodot et trois amis détruisent une partie du matériel du camp avant de s’évader. Poursuivi par la police de Vichy et la Gestapo René Nodot entre en 1943 dans un maquis
F.T.P. des environs d’Egletons en Corrèze. Il participe à des sabotages de centrales électriques et des actions de déraillement de train et devient responsable des agents de liaison.
Malheureusement, un camarade arrêté parle sous la torture. René Nodot est arrêté, conduit à la prison de Tulle et torturé à son tour. M. Nodot, condamné à mort, devait être exécuté le 6 juin 1944. Mais, ce jour là, le débarquement allié en Normandie détourne l’attention des Allemands et lui sauve la vie. Néanmoins, il est transféré au camp de concentration de Dachau en Allemagne. C’était le 2 juillet 1944 et son convoi était celui du “convoi de la mort” qui mit cinq jours pour arriver à Dachau dans des conditions effroyables. Le camp de Dachau est libéré par les Américains le 29 avril 1945. René Nodot trop malade ne peut être évacué.
Le temps lui semble désespérément long, les miradors de Dachau lui sont toujours insupportables, il s’évade avec un camarade. Une ambulance suisse, les emmène dans un camp italien. Ils sont alors transportés dans un camp français. Gravement atteint par une pleurésie, René Nodot est envoyé à Metz et soigné. Il retrouve enfin Paris et l’hôtel Lutétia, centre de regroupement des survivants des camps de la mort.
Homme très actif au service de la Mémoire René Nodot encadre de nombreuses classes qui visitèrent le camp alsacien du Strutthof. Il est souvent intervenu, à la demande de professeurs, pour témoigner auprès des élèves. Mort en 1996, cet exceptionnel “Passeur de Mémoire” n’a pas achevé son projet de mettre en place un centre de documentation utile aux jeunes générations pour qu’elles gardent bien le souvenir des heures sombres du nazisme et de la guerre, de la barbarie des camps et des combats de la résistance : militant de la paix et de la liberté il faisait sien le serment des déportés : “plus jamais ça”.
Depuis sa disparition et selon ses vœux, sa famille et ses amis s’étaient mobilisés longtemps pour installer le centre de documentation dans un lieu fixe : lieu d’exposition et de rencontres.
La création de ce site web est une nouvelle réponse au voeu de M. Nodot : transmettre la mémoire ce que fut la Résistance et la Déportation et rester vigilant face aux multiples menaces dirigées contre les valeurs de la République, des Droits de l’Homme et de la Démocratie. Plus adapté à une pédagogie active, plus proche aussi sans doute des jeunes générations qui ne demandent qu’à apprendre, ce site veut faire partager les préoccupations éducatives qui étaient celles de René Nodot et de celles et de ceux qui, à sa suite, les partagent toujours et continuent ainsi son oeuvre.
“Cette Association a pour but de rechercher, collecter, entretenir tous matériels, documents, objets et témoignages ayant trait à l’époque de la Résistance et de la Déportation…. Le Centre de Documentation souhaite contribuer à l`éducation civique des jeunes par la communication d’informations historique sur les conséquences du fascisme, du nazisme, du racisme et de la falsification de l’Histoire.”
Extrait des statuts
Lors du forum de 1995 .
de gauche à droite : M. Nodot ; M. Postel Vinay ; M. Couriol ; M. Vico ;
Mme Holstein ; Mme Rolland ; Mme Postel Vinay
avec Frania Haverland.

