août
29
2008
Témoignages de Marie Chamming’s née Krebs et de son époux
Georges Chamming’s
Ce texte a été établi consécutivement à un entretien ayant eu lieu au Collège de Courdimanche en mai 1994. Depuis, l’ouvrage de Marie Chamming’s « J’ai choisi la tempête » a été republié en mars 1997 aux Editions France-Empire. Si ce texte y fait souvent référence, nous ne saurions trop conseiller à nos lecteurs de lire ce document exceptionnel, ce témoignage attachant.
II y avait ce jour-là, dans la vaste salle polyvalente de notre collège, beaucoup d’émotions contenues. Nous étions quatre et nous attendions, devant cent trente élèves de troisième, Marie-Claire et Georges Chamming’s, que notre principal était allé chercher à la gare. Nous étions plantées là, au milieu d’un décor d’où émergeait le beau portrait couleur sépia d’une jeune femme, ainsi que la photo d’un groupe de jeunes gens avec brassards et drapeaux, juchés sur le capot d’une traction-avant. Image de liesse populaire d’une ville libérée en 1944. Cette Libération de la France, Marie-Claire et Georges Chamming’s (que tout le monde appelle Geo) l’avaient tant espérée, tant attendue, tant préparée ! Et nous, nous attendions leur venue depuis longtemps. Nous avions lu le livre de souvenirs que Madame Chamming’s avait publié pour la première fois en 1964 sous le titre « J’ai choisi la Tempête » et nous revenions de Bretagne où Marie-Claire et Geo Chamming’s avaient connu les moments exaltants et douloureux de la Libération. Nos professeurs avaient créé un mur d’images en regroupant toutes les télévisions et magnétoscopes du collège. Un reportage sur l’histoire du Maquis de Saint-Marcel devait être diffusé à tous, en préambule à notre entretien. Chacun relisait les paroles du chant des Partisans que nous devions entonner à la fin. C’est à ce moment que le couple Chamming’s vint s’asseoir parmi nous. A nous de plonger alors dans nos notes, et aux Chamming’s de renouer avec leur passé. Plus de cinquante ans s’étaient écoulés.
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août
27
2008
La cavale d’un homme courageux…
témoignage de M. Joseph Jégo

En ce vendredi 18 mars 1994, l’homme avec lequel nous devions nous entretenir nous attendait dans le hall d’entrée du petit musée de Saint- Marcel. Sa taille moyenne, son apparence assez menue, n’avait pour nous rien de bien impressionnant. Cet homme était discret et sa voix n’était d’ailleurs pas très forte. Aujourd’hui encore, je me souviens surtout de son regard qui, lorsqu’il se remémorait avec beaucoup d’émotion certains souvenirs, ne nous fixait plus, tout comme une personne qui serait plongée dans un rêve soudain. Pourtant, il était parmi nous et manifestait clairement une grande volonté, une envie sincère de relater pour nous son expérience. Cela nous fit vraiment plaisir…
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août
27
2008
«Je l’ai échappé belle. Ah ça oui, vous pouvez me croire ! »
.
Le ton est donné. Jean Havart n’est pas homme à s’en laisser compter. Ses souvenirs sont là et les images remontent en foule avec une étonnante précision. Son évocation se précipite : l’arrestation manquée, la fuite, les papiers précipitamment détruits, le regard de l’officier allemand le toisant et tant et tant encore de moments forts qui ont composé son existence au cours des dernières semaines de l’Occupation. A 75 ans, Jean Havart déborde d’énergie et nos quatre élèves restent époustouflés par la force de caractère de leur interlocuteur.
Il eût été doublement regrettable de ne pas garder trace de cette étonnante rencontre. Exceptionnellement, nous avons donc réalisé ce texte, espérant restituer toute la vigueur de l’échange effectué, ainsi que toute la spontanéité et l’intérêt réel pris par ces jeunes au cours de l’entretien qu’ils menèrent de bout en bout.
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août
26
2008
« Lorsque la guerre débuta, je venais de finir ma seconde au petit séminaire de Ploërmel et c’était les vacances… ».
Ainsi, commença le récit que nous fit Henri Sassier, qui avait choisi de nous offrir une partie de son temps pour nous exposer les aspects principaux de sa vie de résistant alors qu’il se destinait à devenir prêtre. Ce qu’il est d’ailleurs devenu comme l’atteste une discrète croix au revers de sa veste. Il est aujourd’hui aumônier d’un hôpital breton mais de ses activités présentes, il ne dit rien tant il est préoccupé par le récit de son passé. Nous avons, à son écoute, oublié l’étrange cadre de cette rencontre réalisée sous le panier de basket d’un gymnase!…
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août
26
2008
Dans l’une des salles du Centre international de séjour d’ Hérouville, près de Caen, sous le regard attentif d’un journaliste professionnel, Cécile, Linda, Alice et Moussa, sont seuls ce 5 février 1993 face à Monsieur. Jean Garnavault. Ils lui ont demandé d’évoquer son extraordinaire passé de résistant. Ils ont préparé ce moment mais ils ne savent pas encore à quel point l’histoire de leur interlocuteur sort de l’ordinaire… Depuis, M. Garnavault nous a écrit pour nous soumettre de nombreuses précisions qui viennent enrichir considérablement ce document dont l’origine est une authentique rédaction d’élève. Voici donc le récit complété que Cécile a établi à la suite de cette rencontre, le récit d’un périple, vraiment peu banal à travers une Europe en Guerre, une Europe en feu de l’Espagne à l’Ukraine…
Tout commence lors de l’invasion allemande en 1940. Jean Garnavault est un jeune normand de 16 ans. Il vit dans la ferme familiale où il aide ses parents. Républicain dans l’âme, il n’accepte pas l’occupation nazie…
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août
26
2008
Témoignage de monsieur Jean Daniel
Jean Daniel est l’actuel président des F.F.I de la région de Ploërmel.
C’est en 1943,à l’âge de 19 ans seulement qu’il devint résistant…
L’homme est affable et son visage rond et rieur invite à une communication facile. Avec un langage particulièrement savoureux, il confia auprès de Martha, Eric, Sirichith, Naziha et Ndenge son parcours de maquisard breton.
Nous avons choisi d’en retranscrire – en l’absence d’un authentique texte de synthèse rédigé par les élèves – les passages les plus significatifs.
Martha: Qu’avez-vous ressenti lorsque Hitler est parvenu au pouvoir ?
Avant-guerre, on ne se souciait pas vraiment de ce qui se passait en Allemagne. On était pas au courant et il y avait un tel bourrage de crâne dans la presse qu’en définitive on a fini par se laisser surprendre. On ne vivait que de mensonges. On était jeune, on allait au cinéma. Et les « Actualités » de l’époque qu’on y voyait, ce n’était que de la propagande… Personne ne nous avait parlé des camps de concentration où Hitler avait déjà fait interner des Allemands… Non, vraiment, on ignorait un tas de choses alors…
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