Mai 19 2018

CONCOURS DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION 2019

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CONCOURS DE LA RÉSISTANCE ET DE LA DÉPORTATION 2019

Le thème du CNRD 2018-2019 vient d’être annoncé publiquement :

« RÉPRESSIONS ET DÉPORTATIONS EN FRANCE ET EN EUROPE, 1939-1945. ESPACES ET HISTOIRE »

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Avr 20 2018

ANDRÉ SAMPSON

JEAN-PIERRE OLIVIER,  
Président Départemental, de l'E.D.A.R.I.D.A.E. 95 et de l'U.D.C.V.R. 95  nous informe :
« J’ai la tristesse de vous faire part du décès de Mr ANDRÉ SAMPSON, en sa 90 année.
– Secrétaire Général de l’Union Départementale des Combattants Volontaires de la Résistance du Val d’Oise, (U.D.C.V.R. 95)
– Secrétaire Général de l’Entente des Associations de Résistants, Internés, Déportés, Amis et d’Enseignants du Val d’Oise, (E.D.A.R.I.D.A.E 95)
– Membre de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du Val d’Oise, (A.F.M.D. 95)
et Membre du Conseil d’Administration de l’U.N.C. de la Section d’HERBLAY.
Ses obsèques auront lieu à 14 H 00, MARDI 24 AVRIL 2018 en L’EGLISE ST MARTIN D’HERBLAY.
Je vous invite à y assister. »

 André Sampson, Français d’origine britannique,  a dans le tome 1 de Mémoires Vives raconté sa résistance.

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Mar 14 2018

Deux valeureuses : Mmes Michelle Agniel et Odile de Vasselot

Le 9 mars 2018 une rencontre exceptionnelle a eu lieu au collège Sainte Apolline de Courdimanche dans le cadre de la préparation au concours national de la Résistance et de la Déportation.

« Le temps qui passe, juge M. Couriol, professeur à l’origine de cette rencontre, secrétaire général  du Centre d’Etudes René-Nodot, renforce l’utilité du travail d’histoire et de mémoire. La période de la Résistance est peuplée de Français qui, comme ces deux dames, face à l’adversité ont fait preuve d’un courage hors du commun qui au final transforme une vie en un destin. Il est difficile de parler de leur sacrifice, sans s’interroger sur ce que nous aurions fait à leur place… Mais leurs exemples donnent aux générations actuelles le courage d’affronter les difficultés de la vie d’aujourd’hui ».

 

Michèle Agniel. ( à gauche)

Michèle Agniel a nous a donné certaines précisions sur son enfance et son entrée dans la Résistance : « Mes parents étaient des patriotes d’origine étrangère. Ma mère avait fait des études en Angleterre et mon père, d’origine hollandaise, parlait anglais. Ils étaient de droite, anti-bolcheviques et ils avaient peur du nazisme…
Je suis née à Paris en 1926, j’ai donc 10 ans en 1936. J’ai été élevée dans le respect de l’autre, je n’ai jamais su ce qu’était l’intolérance… En mai 1940, la ligne Maginot ne nous ayant pas protégés, mon père nous envoie près de Pornic, où il nous rejoint le 11 juin. Le 17 juin, des amis entendent le discours de Pétain. Mon père qui avait fait Verdun, se sent trahi par le vieux maréchal. Nous rentrons à Paris.
À 14 ans, au lycée de Vincennes (Hélène Boucher), je mets des V et des croix de Lorraine, je m’assoie sur le trottoir pour gêner les Allemands. Le lycée était sévère, occupé en partie par des Allemands. Les élèves s’amusaient à faire tomber leurs cartables pour les déranger. Une professeure d’Amiens, rencontrée à Fort Mahon, disait qu’il fallait faire quelque chose. Sa mère était intendante dans un lycée de jeunes filles à Versailles. Une énorme enveloppe pleine de tracts signés de Versailles, nous parvient avec la consigne : « Reproduisez- les et distribuez-les ». Tout le monde s’y met, en famille, même mon frère de 9 ans. Nous recopions des tracts que nous postions partout dans Paris. Le problème, c’était d’aller chercher les enveloppes dans un lycée de jeunes filles. J’avais 14 ans. J’allais à Versailles, les tracts étaient dans mon cartable. Puis nous avons fait un petit journal, Résistance.
Intégrée dans un réseau de Résistance- le Réseau Bourgogne-, Mme Agniel participa avec sa famille au sauvetage des aviateurs anglo-américains dont beaucoup furent cachés chez elle. Certains sont même restés 6 mois. Il fallait les nourrir, les habiller, aller les chercher là où ils avaient été parachutés, leur fabriquer de fausses cartes d’identité…
Hélas, le 28 avril 1943, des miliciens et Feldgendarmen étaient dans la maison. Dénoncés, elle et sa famille ( à l’exception de son petit frère de 12 ans) sont arrêtés avec les deux aviateurs présents ce jour-là..
« Nous sommes interrogés, précise-t-elle, pendant 5 heures par des miliciens. Les deux aviateurs anglais sont sortis dans un état épouvantable. Avec mon père et ma mère, nous sommes conduits au siège de la Gestapo, rue des Saussaies à Paris, à attendre dans une cellule, puis à Fresnes où nous avons vu mon père pour la dernière fois … »
Michèle Moët fut déportée à Ravensbrück, le 21 août 1944. Elle échappa à la Marche à la mort lors de l’évacuation du camp qui fut finalement libéré par les Soviétiques. « Je suis revenue le jour de mes 19 ans, avec ma mère, à Paris, le 11 juin 1945. » Son père, lui, n’est jamais revenu des camps de la mort… Il est mort à Buchenwald le 6 Mars 1945.
Après-guerre, Michèle Moët épousera M. Agniel. La ville de Saint-Mandé a eu l’honneur il y a peu d’inaugurer une plaque commémorative au 22 rue Sacrot en hommage au courage et au sacrifice de la famille Moët durant la Seconde Guerre mondiale :  » Après avoir accueilli ici de nombreux aviateurs alliés en 1943 et 1944, la famille Moët a été arrêtée par la milice et remise à la Gestapo le 28 avril 1944, puis déportée… »

 

Odile de Vasselot

Odile de Vasselot est née en 1922 au sein d’une famille d’officiers depuis plusieurs générations. Son père était officier supérieur à Metz, du temps où un certain colonel de Gaulle commandait les chars et où leurs familles se croisaient dans les salons de la garnison. Après l’exode, réfugiée en province, dans le Poitou, elle assiste incrédule aux dialogues de ses deux grands-pères, l’un plutôt maréchaliste et l’autre plutôt gaulliste. Ce dernier connaissait de Gaulle et l’estimait être un des rares officiers supérieurs de l’armée français à avoir un jugement clairvoyant sur l’état de l’armée française. Odile écouta par hasard l’appel du 18 juin 1940, toute surprise de reconnaître une voix qu’elle connaissait. De retour à Paris, elle n’a qu’une idée : « faire quelque chose contre l’occupant». A l’insu de ses parents, du moins au début, elle sert d’agent de liaison au service de renseignement « Zéro », prenant le train chaque fin de semaine, elle est chargée de remettre courriers et documents à « une boîte aux lettres » à Toulouse, avec en toile de fond la menace sans cesse présente d’une arrestation par la Gestapo.
Un jour, son « contact » toulousain est arrêté ; il y a trop de danger à continuer…
Décidée de poursuivre dans la Résistance, au début de l’année 1944, elle rejoignit « le réseau Comète ».
La ligne d’évasion Comète est née de l’initiative d’une jeune infirmière belge, Andrée De Jongh dite « Dédée », désireuse de faire évader les militaires, blessés et prisonniers, qu’elle soignait à l’hôpital. Peu à peu, la ligne s’est transformée en un vaste réseau qui s’étendait des Pays-Bas jusqu’à Gibraltar, responsable de l’évasion des aviateurs alliés.
« Nous devions convoyer, affirme Mme de Vasselot, c’est à dire accompagner ces aviateurs durant leur voyage en train, depuis le lieu où ils étaient hébergés, en Hollande, en Belgique ou dans le Nord de la France, jusqu’à Dax ou dans une autre ville du Sud-ouest. Pour le retour des aviateurs en Angleterre, le réseau Comète avait opté pour l’itinéraire suivant : leur faire traverser la France en train du nord au sud, puis leur faire franchir les Pyrénées à pied avec un guide. L’Espagne n’était-elle pas neutre ? Il y avait donc encore un Ambassadeur du Royaume Uni à Madrid et des missions diplomatiques dans toutes les grandes villes. Nous leur remettions donc nos « boys » qu’ils faisaient entrer dans le territoire de Gibraltar : base anglaise. Ce n’était pas le chemin le plus court, certes, mais cela paraissait plus simple que de recourir aux sous-marins alliés qui croisaient au large de la Bretagne.
Il fallait bien sûr, accompagner les « boys » tout le long de ce voyage, depuis leur point de chute jusqu’à San Sébastien. C’était le rôle des convoyeurs. J’étais moi-même ce que l’on appelait une « convoyeuse » et comme toutes les « convoyeuses ou convoyeurs » nous ne nous connaissions pas. Nous ne connaissions en fait que la personne qui nous confiait la mission et la personne à qui nous devions remettre le pilote. Par prudence comme tous les réseaux nous étions comme nous le disions très « cloisonnés ». Ces longs voyages ne se faisaient par étapes. Par exemple pour franchir la frontière franco-belge, nous ne prenions jamais de train direct mais successivement les trains omnibus, des cars et parfois les étapes se faisaient à pieds, souvent la nuit. A la frontière « un passeur » nous faisait traverser la frontière par des chemins de contrebande et arrivé en France, nous rejoignions Lille, de nouveau par car avant de prendre le train pour Paris. A cette époque les trains étaient bondés et le voyage durait des heures, debout dans des wagons très peu chauffés et il fallait être très attentif à la sécurité des pilotes dont nous avions la charge. Les moments les plus dangereux à la fois pour nous et pour eux étaient l’arrivée gare du Nord à Paris d’autant que ces hommes souvent très grands avaient des allures plus militaires que civiles et des habitudes de démarche très décontractée mains dans les poches qui surprenaient par rapport à la foule parisienne que nous croisions. Arrivée à Paris, je conduisais par le métro les aviateurs dans une cache, une planque disait-on, près du parc Monceau où ils allaient rester quelques jours avant d’être pris en charge par une autre équipe qui allait les conduire vers la frontière espagnole où ils passeraient vers Gibraltar pour reprendre ensuite le combat… »
Evoquant Andrée De Jongh, Odile de Vasselot raconte qu’après la guerre « Quand tous ces hommes sauvés voulurent la remercier, Andrée De Jongh aurait répondu: « Ne me remerciez pas, car moi j’ai eu la chance de faire la guerre sans jamais tuer personne…». Odile de Vasselot pourrait à coup sûr fait la même réponse.
Après la guerre, devenue professeur d’histoire-géo, elle a fondé et dirigé le lycée Sainte-Marie à Abidjan.
Elle a écrit ses souvenirs dans un ouvrage plein d’anecdotes passionnantes: « Tombés du ciel », éditions du Félin, 2008.

 

Autre article sur Odile de Vasselot :

Yves Guéna et Odile de Vasselot témoignent.

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Mar 06 2018

Mémoires vives. Tome 2

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Après deux ans de travail , le tome II de « Mémoires vives » est enfin publié. Il réunit encore plusieurs témoignages d’anciens résistants dont certains furent déportés. Nous avons eu la chance de les accueillir à Courdimanche pour recueillir leurs souvenirs et certains nous ont confié leurs écrits ainsi que divers documents originaux et inédits. Nous avons amélioré la présentation et la qualité du papier et les témoignages sont plus développés que dans le Tome 1.

L’équipe du Centre René-Nodot est fier de cette publication et, afin de pouvoir poursuivre ses réalisations, cherche à vendre cet ouvrage. Le prix public est de 17 euros mais il y a possibilité d’avoir des réductions si vous en commandez plusieurs. Nous évitons le plus possible de poster car les frais sont élevés. (environ 7 euros pour un livre!) et privilégions la livraison de la main à la main. Si vous êtes intéressés et voulez nous soutenir : écrire cern95@gmail.com pour l’acquérir.

Jean-François Couriol

Secrétaire général du Centre d’études René-Nodot

 

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Fév 01 2018

Le Cern95 en 2017

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Déc 12 2017

Lucienne Rolland nous a quitté

Lucienne Rolland (1920-2017) Décidément, cette période hivernale est bien cruelle.
A peine, Jean Anthiaume disparu, c’est au tour de notre amie Lucienne Rolland de nous quitter. Lucienne avait connu un engagement précoce dans la Résistance. Ses convictions politiques -elle était une militante communiste- ont déterminées le fondement de ses actions anti-nazies. Son amour aussi sans doute pour Jules Brugot, un ancien des brigades internationales. Finalement arrêté, le couple attendait une petite fille. Celle-ci naquit après l’exécution de son père. Lucienne disait non sans amertume: « J’ai été jugée par ce qu’on appelait le Tribunal de cour spéciale, à Paris, uniquement composé de Français. je n’oublierai pas que j’ai été arrêtée par des Français et jugée par des Français. Condamnée à cinq ans de travaux forcés, Lucienne connut l’horreur du camp de Ravensbrück et se retrouva sur les « routes de la mort ». Nous garderons de nombreux souvenirs de ses nombreuses interventions dans les établissements scolaires ici et là car Lucienne était toujours partante pour porter témoignage de ce qu’elle avait vécu et pour interpeller jeunes et moins jeunes à rester vigilants contre les réminiscences du fascisme à notre époque. Nos pensées vont ce soir vers elle et ses enfants à qui nous adressons nos condoléances sincères et attristées. En son souvenir, nous vous communiquons le témoignage qu’elle nous avait accordé et qui figure en bonne place dans « Mémoires vives Tome 1 », toujours disponible.

 

Lucienne ROLLAND

Résistante communite,   Déportée à Ravensbrück.

1920- 2017

 

Militante active du parti communiste interdit, Lucienne Rolland, résistante, connut la mise au secret dans diverses prisons avant l’enfer de Ravensbrück…

 

 Militantisme et Résistance.

 En 1940, Lucienne et ses trois frères et sœurs vivaient à St- Ouen-sur-Seine où elle naquit en 1920 et où son père était employé de banque et sa mère commerçante. A 20 ans, elle y suivait un apprentissage en haute couture.
Elle était déjà très sensibilisée aux événements de l’époque et tout d’abord à la montée du fascisme et du nazisme. Elle fut naturellement enthousiaste au moment du Front Populaire, notamment quand, à l’issue de grandes grèves, en juin 1936, les accords Matignon octroyèrent l’augmentation des salaires, les congés payés, la semaine de 40 heures. Elle décida alors d’adhérer aux Jeunesses communistes.

Après l’entrée en guerre en 1939, le Parti communiste est dissout ; la défaite et l’installation du régime de Vichy rendent la situation des communistes encore plus difficile. Par crainte des bombardements, les parents décident d’envoyer Lucienne, son frère Louis et sa sœur Yvonne, chez une amie à Gron, près de Sens, Mme Polgar. Celle-ci et quelques amis avaient commencé à se rencontrer, discuter et faire le bilan de ce qu’ils pouvaient faire. Lucienne est admise dans leur cercle. Commence alors une vie de clandestinité, dont son père connaissait tous les agissements, contrairement à sa mère qui désapprouvait une démarche trop dangereuse.

Grâce à un ami secrétaire de mairie qui lui procure une fausse carte d’identité, Lucienne devient Madeleine Guyot. Elle est assignée à la conception puis à la distribution de tracts. Action importante, qui devait permettre à d’autres personnes de se joindre à son groupe, mais action dangereuse, qui exigeait d’être toujours sur ses gardes, et qui s’accomplissait de nuit et jamais seule.

Mais un jour, à Sens, son vélo, sur lequel était transporté un paquet de tracts, fut volé par un homme qui, arrêté, la dénonça à la police locale. Lucienne dut quitter Sens pour Auxerre et changer à nouveau d’identité. Cependant, le 26 août 1941, elle fut arrêtée en même temps que son ami Jules Brugot, un militant très actif.

La prison.

 Aussitôt Lucienne subit l’interrogatoire du commissaire Bourgeois. Il essaya de l’amadouer en lui promettant la liberté si elle dénonçait des personnes figurant sur un grand registre qu’il lui montrait; ce qu’elle ne fit pas, bien sûr. Elle fut envoyée à la maison d’arrêt d’Auxerre et confinée au secret dans une cellule en attendant d’être jugée – attente de six mois – par le tribunal d’une cour spéciale créée pour juger politiques et syndicalistes. Dans cette affaire, treize personnes furent concernées.

Bientôt, Lucienne se rend compte qu’elle est enceinte, ce qu’elle réussit à faire savoir à son ami Jules qu’elle n’a pas pu revoir ; mais hélas le 13 janvier 1942, celui-ci est désigné comme otage pour le meurtre d’un Allemand à Dijon, puis fusillé.
Alors qu’elle est enceinte de six mois, Lucienne est transférée à Paris à la prison de la Petite Roquette ; elle n’est plus isolée, mais se retrouve avec d’autres politiques, et aussi des prisonniers de droit commun. Elles sont surveillées par une religieuse fort sympathique, sœur Joséphina. Elles organisent leur vie en faisant des lectures à haute voix, en disant des poèmes ; elles protestent aussi contre la mauvaise nourriture. Gare à celles qu’elles considèrent comme des traîtres et qu’elles mettent à l’index.

En mars 1942, Lucienne est conduite au Palais de Justice de Paris pour y être jugée. Elle refuse l’aide d’un avocat comme le lui proposait son père, arguant qu’étant prisonnière politique cela ne servirait à rien ; on lui en donne un d’office, qui ne peut empêcher qu’elle soit condamnée à une lourde peine malgré son état: cinq ans de travaux forcés pour reconstitution de ligues dissoutes. Elle refuse d’aller à la prison de Fresnes où il y a une maternité pour ne pas se séparer de ses copines, avec qui elle est transférée à Rennes.

A Rennes, il n’y a pas de cellules ; la vie se déroule dans un grand hall, qui fut l’atelier de confection de la prison avant la guerre. Comme à la Petite Roquette, les détenues font des séances de lecture et même d’alphabétisation ; elles n’hésitent pas non plus à se révolter devant l’attitude machiavélique d’une surveillante. Par exemple : elles n’avaient pas le droit de porter des vêtements civils ; or, l’une d’elles reçut une jupe que la surveillante découvrit et déchira aussitôt : cela provoqua une révolte.

Quand les premières douleurs arrivèrent, Lucienne n’avait jamais  consulté de médecin. Elle est conduite de nuit à la maternité Pontchaillou alors réservée aux prostituées et aux détenues.
En arrivant, une infirmière lui propose des vêtements plus « corrects » mais Lucienne refuse de changer ses vêtements de prisonnière politique, statut que le personnel ignore : elle ne veut jamais plier ou se renier. Le 13 mai 1942, la naissance se passe bien. Juliette est une belle petite fille, mais elle pousse mal ; c’est pourquoi Lucienne réussit à rester trois semaines au lieu des douze jours prévus, ce qui permet au bébé et la maman de se requinquer un peu. De retour à la prison, Lucienne et Juliette se retrouvent au quartier des nourrices ; il y a sept mamans et leurs bébés dont l’une, Line, deviendra sa sœur de déportation, avec son fils, « le p’tit Jo », d’un an plus âgé que Juliette. Ce quartier était dirigé par deux « droit commun », condamnées comme criminelles, You-You et Mélie. Cela donnait le frisson de confier ces petits à cette sorte de femmes ; en fait celles-ci se prirent d’affection pour les bébés et firent tout ce qu’elles purent pour leur rendre la vie la plus douce possible. Ainsi deux ans passent, un projet d’évasion n’a pas le temps de se réaliser, car un beau jour le directeur de la prison leur dit de préparer leurs affaires et de prévenir leurs parents de venir chercher les petits. On n’arrive pas à joindre les grands-parents, le temps est trop court, alors Lucienne et Line, encore naïves, décident d’emmener leurs enfants. Elles en sont dissuadées par les surveillantes, qui promettent de s’en occuper. C’est donc la mort dans l’âme que Lucienne et son amie, profitant du sommeil des enfants, partent « en chantant une pauvre Marseillaise noyée dans les larmes » pour « crâner » devant les gardiens. Dans la cour où étaient installées des tables avec des registres, elles signent leur levée d’écrou et sont remises aux autorités allemandes.

La déportation.

 Le 25 mai 1944, elles sont embarquées dans des camions allemands vers le centre de triage de Romainville et elles y ont le premier contact avec l’administration allemande. Un jour, Lucienne voit arriver dans la cour du camp un convoi, dans lequel elle reconnaît sa sœur Yvonne qui, elle, avait rejoint le groupe de résistants des Auberges de la Jeunesse et venait d’être arrêtée. Quelle joie et surtout quel ballon d’oxygène quand celle-ci lui apprend que Juliette est en sécurité chez leurs parents ! Elle n’en savait rien (c’était pourtant l’exacte vérité), et Lucienne est rassurée.
Puis c’est le départ pour l’Allemagne en wagon à bestiaux. Le premier arrêt est à Sarrebrück où, avec ses camarades, elle fait à  nouveau, acte de résistance. En effet arrive un gardien avec un paquet de vêtements usagés et dégoûtants qu’il leur ordonne de découdre, ce qu’elles refusent de faire en raison de leur saleté. Mais le chef du camp leur dit qu’en tant que prisonnières politiques, elles ne sont pas protégées par la convention de Genève et qu’il a tous les droits sur elles.

De là, elles partent à nouveau pour une longue semaine pénible, en wagon à bestiaux, jour et nuit, pour le camp de Ravensbrück où elles sont mises en quarantaine, pour déterminer si elles sont aptes ou non au travail. C’est ainsi que Lucienne est envoyée près de Leipzig dans le commando des usines de guerre Hasag (vaste complexe métallurgique sur 32 km). Elle est affectée à la galvanoplastie des obus. Des douilles de fer devaient tourner successivement dans trois bacs chimiques pour être cuivrées, puis être contrôlées sous la surveillance d’une SS, l’Offizierin. Au bout de trois jours, le groupe des Françaises s’oppose déjà en refusant une prime de rendement proposée par la direction ; d’autre part, comme les détenues ne donnaient pas le bon rythme à la roue, les obus présentaient des défauts et étaient inutilisables : c’était du sabotage, une autre action de résistance qui, une fois, aurait pu tourner mal sans l’initiative d’un homme de la chaîne, un Russe semble-t-il, qui les sauva.

Dans les baraquements où les détenues dormaient entassées sur des châlits à étages, les conditions d’hygiène et de nourriture étaient épouvantables. A Sarrebrück, c’était une soupe d’herbes, à Ravensbrück, une soupe de légumes déshydratés, et pas toujours équitable, puisque la fille qui puisait dans le bouteillon versait à certaines le dessus liquide et à d’autres  le fond plus consistant ; à cela s’ajoutait un bout de pain avec parfois de la margarine ou de la marmelade le soir ; le matin, une eau noirâtre servait de café. Les journées de travail : 12 heures de jour ou de nuit étaient encadrées par une heure d’appel. En coupant ces appels par une minute de silence, les détenues cherchaient à énerver les SS.

Malgré tout, c’est dans ces conditions de vie inhumaine que Lucienne a connu ses meilleurs moments de solidarité morale. Par exemple, en prélevant une petite portion de leur maigre ration, les détenues apportaient un petit supplément de nourriture aux amies malades qui étaient à l’infirmerie, tentant de les sauver. Et elles essayaient de se soutenir dans les pires moments pour ne pas sombrer dans le désespoir. Lucienne, en dernier ressort, pensait à sa fille.

Elles étaient coupées du monde extérieur. Néanmoins, elles réussissaient à avoir parfois des bribes d’informations par les filles qui allaient aux cuisines chercher les bouteillons de nourriture, ou par celles qui faisaient le ménage des bureaux ou encore par les nouvelles arrivantes. Elles apprirent ainsi que les troupes de libération encerclaient l’Allemagne.

La libération.

 Un jour de mai 1945, les SS ouvrirent le camp et les firent toutes sortir puis marcher par groupes de cinq, sans arrêt possible, sans rien à boire ni à manger, et cela dura pendant dix jours, dans un rayon de 15 km. C’était atroce ; pour beaucoup ce fut vraiment
« la marche de la mort ». C’était par chance la période du colza, certaines purent donc en dérober des tiges, les sucer ou même manger de l’herbe. Usant de leurs dernières forces, Lucienne et ses quatre compagnes décidèrent de quitter la colonne et de s’évader ; mais cette première tentative échoua. Alors, il fallut ruser ; revenues dans le rang, elles ralentirent, se laissèrent dépasser pour se retrouver au dernier rang et, la nuit venue, elles se jetèrent dans le bas-côté de la route où elles restèrent cachées jusqu’au lendemain matin. Lucienne regrettait de ne pas avoir pu persuader sa sœur, déportée aussi à Ravensbrück, d’en faire autant. Au petit jour, elles virent au loin un camp de prisonniers, s’approchèrent et purent parler à deux prisonniers qui faisaient leurs courses. Ils leur donnèrent de la nourriture et des habits pour se changer. Elles continuèrent à marcher avec eux dans des conditions moins pénibles pendant deux à trois jours, jusqu’à ce que tous tombent sur des Américains qui distribuaient du chewing-gum sur la place d’un village du Mecklembourg au cœur de l’Allemagne. Tous apprirent ainsi leur libération.

 Le retour

 Avec ses camarades, Lucienne rejoignit un camp de rapatriement d’où elles repartirent vers la France dans les mêmes wagons de galère qu’à l’aller : dix jours de voyage, dix jours de souffrance aussi, durant lesquels beaucoup moururent encore, soit de faiblesse, soit de dysenterie pour avoir trop mangé d’un coup après des mois de dénutrition.

A Paris, Lucienne, comme les autres, est dirigée vers l’Hôtel Lutetia, où on les désinfecte, avant que des militaires ne leur fassent subir un interrogatoire sur les raisons et les conditions de leur déportation.

Après cette ultime épreuve, elle retrouve enfin le cocon familial : ses parents, sa petite Juliette, à qui chaque jour, son grand-père parlait de sa maman. C’est une chance que n’ont pas eue beaucoup d’anciens déportés qui ont trouvé à leur retour un climat d’incompréhension rendant plus difficile leur réadaptation à la vie normale.

Lucienne est l’une des premières adhérentes du CERN95, et tant qu’elle a eu toutes ses forces, elle a multiplié les témoignages et interventions.

 

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Nov 22 2017

Jean Anthiaume nous a quitté.

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Jean Anthiaume nous a quitté. A l’heure où ses obsèques seront célébrées, nous vous laissons redécouvrir le témoignage qu’il avait eu la gentillesse de nous communiquer.
Nos pensées vont à sa famille et à celles et ceux qui lui étaient proches.
Avec lui disparait un authentique passeur de mémoire et un homme d’une grande amabilité.

Cérémonie :  jeudi 23 novembre à 14 h 15 à Notre-Dame de Pontoise.


Passeurs de Mémoire du 95

1925-2017

 

Jean Anthiaume    Résistant FFI Pontoisien.

 

 

Comment mettre les Allemands à la porte ?

Finalement  » Veux-tu venir avec nous ?

demande M. Jourdain à Jean qui accepte et
entre ainsi au mouvement  » LIBERATION  » dont le chef
à Pontoise est Lamarre, grainetier, capitaine de réserve.

 

Jean ANTHIAUME est devenu pontoisien en 1934 après avoir passé une partie de sa petite enfance à Viarmes (S et O) où il est né en 1925 dans une famille d’agriculteurs. Son père qui était entré au service militaire en 1911, déjà gradé en 1914 a terminé la guerre comme adjudant-chef après sept ans d’armée. Si, à la maison il ne parlait jamais de cette guerre qui l’avait beaucoup marqué, il avait acheté et relié tous les numéros de
« l’Illustration » qu’il gardait précieusement.

Toutefois à l’âge de 10 ans Jean tombe dessus, ce qui l’amène à poser des questions à son père qui peu à peu accepte de parler de la guerre.

Ces lectures et ces conversations font naître chez Jean comme chez  son père un sentiment de patriotisme, la haine des Allemands et le goût de la liberté.

Le père de Jean avait été gazé et avait des difficultés à respirer à l’issue de la guerre, ce qui lui rendait le métier d’agriculteur trop pénible. Alors une fois la ferme vendue il achète à Maisons-Laffitte une épicerie fine dont de nombreux clients, hélas turfistes avant tout sont de mauvais payeurs. Il faut mieux vendre et prendre en gérence une autre épicerie à Pontoise – un  » Familistère  » à l’angle de la rue St Martin et de la rue Carnot où la famille s’installe en 1934.

Le 3 septembre 1939 c’est la guerre, bientôt la  » drôle de guerre Le père de Jean voit tout de suite les choses en noir.

Pour Jean, la vie connaît aussi un autre changement.

Il vient d’être admis au CET d’Andrésy. Désillusion : le métier dont il rêve – radio – et auquel il s’est initié tout seul n’y est pas enseigné.
Après différents stages d’un mois notamment serrurerie et menuiserie qui marchent bien, mais ne lui plaisent guère il choisit l’ajustage.

Dès le début, les études sont perturbées par le rationnement en nourriture, savon… et par les alertes qui obligent à aller se réfugier dans les caves (aubaine quand il y avait une interrogation écrite).

Un vendredi de juin 40 alors que Jean est en « week-end « , Pontoise connaît son 2e bombardement. Jean ne rentre pas au CET. Tandis que le père est tenu par arrêté municipal de garder le magasin ouvert, la mère et les trois enfants partent à pied pour Pierrelaye afin d’y prendre le train pour Paris d’où ils sont évacués en Mayenne. Ils s’arrêtent à Ernée où le père les rejoint 15 jours après en vélo. C’est là qu’ils voient pour la première fois les Allemands. Reste à Jean la vision d’un side-car allemand avec mitrailleuse qui fait bientôt demi-tour, mais c’est un sauve-qui-peut dans la petite ville. C’est là aussi qu’ils entendent à la radio le discours de Pétain apprenant la demande d’armistice. C’est le choc ; mais le père ancien combattant de 1914 a confiance dans le héros de Verdun et ce, jusqu’en début 44. Ils entendent aussi à radio Londres les messages de volontaires qui préviennent leur famille.
En juillet c’est le retour de l’exode ; à Pontoise ils retrouvent la maison dans un état pitoyable, l’été se passe à remettre en ordre le magasin et la maison qui ont été pillés.

Fin septembre : c’est la 2e rentrée au CET dans une atmosphère triste ; tout le monde n’est pas là. Les alertes reprennent, en raison de l’aviation anglaise cette fois. Les problèmes de nourriture et de froid s’intensifient.

En raison des restrictions le chiffre d’affaires du Familistère a beaucoup diminué, Jean doit contribuer à faire vivre sa famille et, au printemps 1942 cherche du travail – pas longtemps. Il se présente à l’atelier de serrurerie Bulon, près de la salle des ventes, rue St Martin tout à côté de chez lui. On l’embauche aussitôt. Le patron habite Paris où se trouvent aussi les bureaux ; dans l’atelier de Pontoise on fabrique du matériel pour chemin de fer et pour escabeaux roulants pour avions. Travaillant à côté de chez lui, Jean voit son horizon se rétrécir, mais surtout les dimanches lui paraissent tristes et étouffants : pas le droit de se réunir en groupes, pas de bals… Le soir à sa fenêtre contemplant la nuit étoilée il rêve à la liberté. Quand la France la retrouvera-t-elle ? Si ses parents sont encore pétainistes, ils supportent mal les Allemands qu’ils servent avec de plus en plus de réticence. Ils écoutent radio Londres, donc Jean aussi.
Pour manifester son hostilité, quand il rencontre des Allemands Jean change systématiquement de trottoir.

Il recherche les interdits : par exemple, il achète aux puces un insigne tricolore qu’il porte au revers de sa veste jusqu’à la Libération ; il a dû l’enlever une fois quand, à la sortie du cinéma à la fin de 1942 il est bouclé à l’entrée du métro et contrôlé ; il fournit sa carte de travail et son  » ausweis  » (délivré pour le travail de nuit) et s’en tire à bon compte.
Au travail Jean devient bientôt copain avec un autre jeune ouvrier, communiste, ancien camarade d’enfance, François Parrot dont les parents étaient gardes-barrière à côté. Ils sortent souvent ensemble ; ayant confiance, ce garçon se met à lui parler d’un mouvement de résistance. D’autre part leur contremaître, communiste lui aussi, fait faire à Jean des pièces – des crève-pneus – dont il ne comprend pas tout d’abord la destination.
Début 43 au cours d’une promenade sur le plateau St Martin, François Parrot présente à Jean qui exprime toujours son désir de liberté, un ancien adjudant du 1er régiment de dragons portés, Mr Jourdain.

Ils entrent comme ils ont souvent l’habitude les dimanches d’hiver dans le bistrot voisin  » A la porte de St Martin  » où le patron, un ancien de 14-18 partage leurs discussions patriotiques.
Comment mettre les Allemands à la porte ? Finalement  » Veux-tu venir avec nous ?  » demande Mr Jourdain à Jean qui accepte et entre ainsi au mouvement  » LIBERATION  » dont le chef à Pontoise est Lamarre, grainetier, capitaine de réserve.
La 1ère tâche qu’on lui confie est d’informer la population pontoisienne qu’il existe un mouvement d’opposition à l’occupant, en distribuant des tracts dans les boîtes aux lettres la nuit grâce à son ausweis, ses chaussures à semelles de crêpe très silencieuses et sa très bonne connaissance de Pontoise, même plongée dans le noir. Les Pontoisiens sont pétainistes, fatalistes, s’adaptent bien à la situation, mais quand même les miliciens sont mal vus. Leur permanence est place Notre-Dame, certains ont contacté Jean ; d’autres se sont engagés dans la LVF.
Jean a ensuite le devoir de repérer les écussons des militaires qui venaient à la boutique de ses parents.
Ceux-ci sont loin de se douter de l’activité secrète de leur fils.
Début 1943 est décrété le retour à la terre obligatoire. Jean passe alors trois mois chez un agriculteur de la région.
A l’issue de ce Service Civique Rural il réintègre l’atelier Bulon, mais pour peu de temps (un mois). En effet comme l’appel des Allemands aux requis n’a pas marché, ils cherchent à recruter des jeunes, Jean est alors convoqué à la Kommandantur ; on lui  » propose  » une place à l’usine Gnome et Rhône à Gennevilliers où travaillent 1200 ouvriers dont 900 femmes.Il est d’abord posté comme gardien à la porte pour contrôler les identités, bientôt rejoint par François Parrot employé comme O S.
La protection de l’usine est assurée par des gardiens français aux côtés des militaires allemands et par des canons DCA sur les toits. Ensuite Jean passe à l’atelier de serrurerie, guidé par un ancien muni de passe-partout qui lui apprend à ouvrir et surtout savoir refermer les serrures ce qui lui donne la possibilité d’entrer dans les bureaux quand il est d’équipe de nuit comme le lui demandent ses chefs ; cependant son ignorance de l’allemand l’empêche de s’emparer de papiers utiles.

Vers le 15 mai l’usine est bombardée et détruite, il y a de nombreux morts.

Le lendemain il est employé à déblayer les ruines, mais comme les trains ne fonctionnent plus il va rester chez lui .
Depuis le début 44 on lui avait confié des plis à porter chez Lamarre. D’autre part le chef de groupe de  » Libération « , André Jacquet qui habitait le plateau St Martin donnait l’ordre de répandre des clous sur la route de Vallangoujard. Il donnait des cours d’action militaire sur le maniement des armes dans la cave d’un local fermé de l’entreprise Carpentier, chemin des Clos ( maintenant rue Eric de Martimprey ). Lors de la dernière réunion, ce fut l’explication du maniement de mitraillettes dans l’expectative d’un parachutage et la distribution d’armes.
Après le débarquement une partie des Allemands avait rejoint la Normandie, mais la police allemande se faisait plus sévère, les contrôles plus fréquents. Au début du mois d’août, les Américains approchent, alors on distribue les brassards FFI dans le local Carpentier (de 15 à 20) et on leur donne l’ordre d’immobiliser les Allemands en utilisant les crève-pneus, en abattant arbres et poteaux électriques.

Le 30 août Jean est de garde route de Ménandon avec ordre de ne laisser passer que les Américains.

Après la libération de la ville il participe au « nettoyage » des caves et des greniers qui permet l’arrestation de 7 Allemands et un LVF tandis que les collaborateurs notoires sont emmenés à la prison de la caserne Bossut après interrogatoire. A la mi-septembre tous les résistants de Pontoise sont convoqués au stade pour rendre les armes – ils sont une centaine. Mr Pelu, membre de  » Libération  » fait une harangue pour inciter ces jeunes gens à continuer le combat pour achever la libération de la France. Jean qui a alors 19 ans signe un engagement pour la durée de la guerre dans le bataillon de marche 22/22 (qui s’intégrera par la suite dans la 2eDB) puis sous l’impulsion de son beau-frère il rentre dans le génie où pendant trois mois il suit une formation de démineur à la caserne de St Cloud. Quand son père l’avait vu faire ses paquets et entendu ses adieux il fut suffoqué, choqué il lui demanda  » s’il ne voulait pas tuer sa mère.
Après le stage, Jean rejoint la 1ère armée de de Lattre de Tassigny – la 5e DB – dans les Vosges, participe à la destruction de la ligne Siegfried et aux opérations de déminage jusqu’en Forêt-Noire.
De là il repasse en France pour poursuivre le déminage en Alsace – de la frontière suisse à Colmar afin que l’on puisse recommencer les cultures ; chaque commune donnant une prime partagée entre les démineurs. Dans l’équipe de 30 il y eut 2 morts.

Le travail terminé, Jean demande sa démobilisation en août-septembre 1945, acceptée seulement en novembre après une permission libérable d’un mois au cours de laquelle son uniforme américain donne beaucoup de prestige ; en effet les Américains qui avaient fourni le matériel de déminage avaient donné les uniformes en même temps.

Il était prêt de se laisser tenter par les propositions de ses chefs de combler les trous de la prestigieuse 2e DB pour aller en Indochine, mais sur les instances de son père dont il suivit les conseils il refusa de s’engager pour une période de 3 ans ; de même son père le découragea d’aller déminer les plages de Normandie, même si l’entreprise civile qui l’av ait contacté lui proposait des gains alléchants par rapport à ceux de la SNECMA (nom de son ancienne entreprise de Gennevilliers nationalisée) où il avait repris le travail.

Jean lors de la première assemblée générale du CERN95 en est l’un des membres fondateurs :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici Jean Témoigne en compagnie de ses amis Quideau et Créplet
Annie DELPECH


                    			

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Oct 02 2017

Aincourt le 7 octobre 2017 à 15h

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Sep 12 2017

Bilan 2016-2017

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Sep 03 2017

Allée Paul Thueux

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« Ce grand moment clôture parfaitement cette affaire en scellant la réhabilitation de Paul Thueux et en honorant l’efficacité et l’utilité du CERN. »

 

Allocution de Jean-François Couriol, Secrétaire général du CERN lors de l’inauguration de l’Allée Paul-Thueux à Saint-Ouen l’Aumône le 3 septembre 2017

« Le 9 mai 2015, le Centre d’études René-Nodot exprimait le souhait qu’une rue de Saint-Ouen l’Aumône reçoive le nom de Paul Thueux. Ce jour-là, nous accompagnions les cendres de Paul jusqu’à sa dernière demeure. Il revenait ainsi définitivement dans cette ville qu’il a tant aimée et où il avait vécu l’essentiel de son enfance et de son adolescence. Cette ville qu’il quitta après son retour des camps de la mort, non sans amertume en raison du traitement que certains habitants lui infligèrent alors.

Le 1er septembre 2013 sur les quais de l’Oise à Pontoise, nous étions si heureux pour lui en le voyant recevoir les médailles de Pontoise et de Saint-Ouen l’aumône des mains des autorités de ces deux communes. « Une reconnaissance » en quelque sorte disait-il alors. Oui, une reconnaissance en effet et pour nous la marque de toute l’estime que nous avions à son égard.

Il incombe aujourd’hui au centre d’Etudes René-Nodot que je représente, avec Mme Delpech, d’exprimer sa gratitude et ses très vifs remerciements à l’égard de la municipalité de Saint-Ouen l’aumône pour avoir tenu promesse : Paul Thueux, résistant de la première heure, actif patriote, meurtri par la prison et les camps, calomnié par une odieuse rumeur a désormais une allée à son nom. Puisse-t-elle pérenniser le souvenir de l’homme droit qu’il fut. Tous ses camarades engagés auprès de Jean-Claude Chabanne et martyrs de la déportation étaient honorés par la dénomination à leurs noms de divers lieux. Il ne manquait plus que lui, lui qui comme les autres, avait su dire « non » à la fatalité, « non » à la soumission, « non » au déshonneur, « non » à ce qui rabaisse la personne humaine. Il lui a fallu attendre longtemps avant d’obtenir cette reconnaissance.
Puisse le passant qui empruntera cette paisible allée lever les yeux sur cette plaque et se souvenir que Paul Thueux incarna bel et bien, toute sa vie, les valeurs de la Résistance qui doivent continuer à donner des leçons pour le présent : le combat pour les libertés, l’obligation de lutter contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme en une époque d’une reprise des conflits religieux et ethniques et puis… cet  ardent désir, cette nécessité de croire en un avenir. »

Madame Lucette LONGA THUEUX , son fils Monsieur Etienne LONGA
et Monsieur Claude GAUTRIN , fils de Madame Jacqueline GAUTRIN THUEUX , représentent la famille à cette cérémonie,

 

Lettre de Pierre Henri Thueux, fils cadet de Paul Thueux, à la municipalité de Saint Ouen L’Aumône :

Je vous remercie pour votre message et pour l’invitation à la cérémonie du 3 septembre 2017 commémorant l’anniversaire de la libération de St Ouen L’Aumone qui comprendra le dévoilement d’une plaque en hommage à mon père Paul THUEUX, en qualité d’ancien résistant associé au groupe CHABANNE.

Cet hommage lui rend honneur en lui donnant cette reconnaissance qu’il a toute sa vie ardemment souhaité.

Veuillez de ma part et de celle de toute notre famille remercier M. le Maire Alain Richard pour la réalisation rapide de l’engagement qu’il avait donné, lors de la cérémonie en hommage à mon père en mai 2016.

Merci aussi à l’ensemble du conseil municipal pour leur accord à cette proposition de nommer cette allée  » allée Paul THUEUX » ;

Nous, famille THUEUX, en sommes très fiers et très honorés.

Je tiens aussi à remercier vivement tous les membres du CERN95, notamment Mme Annie DELPECH, Monsieur Jean Francois COURIOL et Monsieur Jean Pierre Dubreuil,  pour leur soutien indéfectible à mon père pendant ces dix dernières années et pour leur énorme travail de recherche et d’investigation qui ont permis d’aboutir à cette reconnaissance.

Merci aussi à Bruno ALBANTI et Jean Philippe MAILLOCHAUD pour toute l’énergie et les compétences qu’ils ont mis dans la réalisation de leur film documentaire « Paul THUEUX , le combat d’une vie ».

Des obligations médicales ne me permetttent pas d’être présent ce dimanche 3 septembre au dévoilement de cette plaque;

Madame Lucette LONGA THUEUX , son fils Monsieur Etienne LONGA et Monsieur Claude GAUTRIN , fils de Madame Jacqueline GAUTRIN THUEUX , représenteront notre famille à cette cérémonie, je les en remercie chaleureusement.

Je vous prie de bien vouloir présenter à Monsieur le Maire , Monsieur le Maire adjoint , la Municipalité , les membres de l’association des anciens combattants et à tous les acteurs dans l’organisation de cette manifestation, mes salutations les plus respectueuses.

 

voir aussi :

https://sites.google.com/site/cern95/memoire-memoires-collection-du-cern/les-pionniers-de-la-resistance-a-pontoise/paul-thueux/allee-paul-thueux

 

extrait du Parisien

étaient présents pour le cern95 :

Annie Delpech, Nicole Mabire , Louis Mabire,  Dominique Kirchhoffer , Jean Kirchhoffer Moreira  Fréderic, Alain Bony, Denis Minier, Jean-Pierre Olivier ,  François Hervé, Jean-François Couriol.

Excusés :

Chantal Finet,  Martine Leclercq , Françoise Not, Catherine Bujaud, François Carcassonne, Daniel Lainé, Jean-Pierre Dubreuil

Amis

Bruno Albanti, André Samson, Patrick Souchet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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