juin 01 2009

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Publié par jpd dans Non classé

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juin 01 2009

SAM BRAUN témoigne au collège Georges Duhamel à Herblay 95

Publié par jpd dans Non classé

Le 19 mars 2009 les élèves de Monsieur Bertrand  Bujaud , professeur d’histoire et de géographie au collège d’Herblay et membre du cern, ont rencontré Sam Braun :

1) Comment avez-vous survécu à Auschwitz, malgré les privations ?

Il est difficile de répondre simplement à cette question car chaque souvenir de cette époque est douloureux. Le sentiment de déshumanisation est certainement le plus horrible et était toujours présent. Lire la suite »

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fév 09 2009

Maquis de Saint Clair (Calvados) : son histoire par Henri Lampérière

Le maquis de Saint-Clair est issu de l’amalgame en février 1944 de plusieurs groupes de Résistance opérant depuis le début de l’Occupation dans un vaste secteur au S.E. de Caen. Le maquis de Saint Clair, sous les ordres du Capitaine Dandicolle, passe à l’action, à la veille du Débarquement. L’effectif du maquis est alors d’une centaine de personnes. Une moitié se destine aux opérations actives, l’autre moitié se consacre au renseignement et à l’asile. Le Capitaine Jean Renaud-Dandicolle du Spécial Opération Exécutive (S.O.E.), britannique,est un jeune officier d’origine bordelaise qui a été parachuté en Mayenne pour y unir les maquis. Il a ensuite organisé tous les parachutages pour un maquis dans la Manche, avant de placer sous son commandement trois groupes de résistants qui ont formé le maquis : le groupe d’André Lenevez, le groupe de Jean Foucu. et le groupe d’André Masseron. Lire la suite »

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fév 09 2009

TÉMOIGNAGE DE GEORGES BERNIER, MEMBRE DU MAQUIS DE SAINT‑CLAIR

Je suis né le 23 juillet 1924 à Urville. J’ai rejoint le Maquis de Saint Clair le 16 février 1944.

J’ai été homologué comme membre des Forces françaises de l’Intérieur, Maquis de Saint clair, du 20 février 1944 au 17 août 1944. J’ai continué à servir dans cette formation jusqu’au 1er septembre 1944 ( Certificat National d’appartenance).

Précédemment j’avais été requis pour le travail obligatoire en Allemagne. J’ai profité d’une permission pour ne pas repartir. J’ai rejoint le groupe d’André Le Nevez garagiste à Cesny Bois Halbout. Je me suis caché chez lui. Je ne suis pas retourné chez mes parents à Détroit( 14 ) car la gendarmerie allemande est venue trois fois pour me rechercher.

Toutes mes activités se sont déroulées au sein du Maquis de ‘Saint-Clair. Le centre du Maquis était installé à la Ferme Grosclaude. Cette ferme était implantée a Est de la départementale 23, à 600 mètres Nord-Est du lieu-dit ” Le Belvédère”. Elle était approximativement au même emplacement que la ferme reconstruite après la guerre, en face du monument rappelant la tragédie du 8 Juillet 1944. Il est important de préciser que le bois de Saint-Clair s’approchait beaucoup plus des bâtiments de la ferme. Ces bois venaient à proximité du bâtiment en tôle qui subsiste à l’Est du chemin d’accès à la ferme.

J’ai accompli plusieurs missions de renseignements. Mes actions essentielles ont été les suivantes

1) Premier parachutage d’armes 18 mai 1944

Le message annonçant le parachutage était le suivant: « Le cerf Volant tire la ficelle »

Le premier parachutage eut lieu à Saint-Clair le 18 Mai 1944 vers 23 h 30, dans la prairie dépendant de lit Ferme Grosclaude, située entre la Ferme au Nord, et la route de Bonnoeil, au Sud. L’avion venait de la direction de Saint-Omer. Il passait au-dessus dit terrain et allait ensuite tourner, au-dessus du Clocher de Pierrefitte-en-Cinglais. Il se présentait ensuite venant du Sud, en direction du Nord. À ce moment-là, le pilote apercevait les lampes de poche allumées par les hommes du Maquis de Saint‑Clair. Cette ligne lumineuse lui donnait l’axe de parachutage. Il larguait les containers au moment où il franchissait la route de Pierrefitte. J’étais de garde à l’extrémité Sud-Est de la zone de parachutage, sur lit route de Bonnoeil. Je fus, avant le parachutage, alerté par un bruit insolite dans la haie qui s’amplifiait et se rapprochait, c’était en fait un lièvre magnifique qui a bondi hors de la haie. A ce parachutage participèrent une douzaine de membres du Maquis. Je ne me souviens pas de tous les noms.

Comme J’étais mécanicien, j’ai été formé par Jean Renaud - Dandicolle au démontage, à l’entretien , à la préparation des armes pour le combat, et à la confection des chargeurs. Jean m’avait appris le fonctionnement de ces armes, l’utilisation des crayons-allumeurs, des crève-pneus etc …

Après cette formation Jean me nomme Caporal instructeur pour les armes et les explosifs et le matériel parachuté (je possède les justificatifs de cette nomination ) Je mets ensuite en place tout ce matériel dans le magasin. On appelait ” magasin” un abri constitué avec des fagots de bois. Je transporte quelques jours après titre partie de ces armes à la Gendarmerie de Pont d’Ouilly et au Détroit chez mon père. J’ai expliqué à chaque fois le fonctionnement de ces armes. Je les transportais dans une remorque accrochée à l’arrière de mon vélo. Je précise que les allemands occupaient le lieu-dit “Le Belvédère” qui constituait un observatoire important sur toute la région. Deux allemands étaient de garde en permanence à ce poste. A chaque parachutage deux ou trois membres du Maquis montaient la garde autour de cet observatoire pour neutraliser ces deux soldats allemands, en cas de besoin.

2 Confection de fagots de bois

Plusieurs jours avant le premier parachutage d’armes, deux groupes de résistants, l’un dépendant de Lucien Bernier et l’autre d’André Le Nevez, soit au total environ une douzaine d’hommes dont Lucien Bernier, André Le Nevez, André Héricy, Louis Jousset etc…, confectionnèrent des fagots de bois, c’est-à-dire des bourrées, dans le bois de Saint-Clair. Ces fagots furent rassemblés en un mulon au pignon de la Maison de la Ferme Grosclaude. Cc grand tas de bourrées était creux. Des étagères avaient été mises en place. Une entrée avait été aménagée. Elle était dissimulée avec d’autres bourrées. Ce tas de bourrées constituait donc une cache importante.

3) Deuxième parachutage

Le deuxième parachutage eut lieu le 3 Juin 1944 vers 23 h 30 au même emplacement, et dans les mêmes conditions. Ce parachutage fut annoncé par le même message. Deux allemands étaient donc de garde au Belvédère près de la Ferme Bertrand. Trois membres du maquis ont été chargés de les neutraliser si nécessaire. Cette mission fut confiée à Georges Bernier, Robert Le Nevez et Jean Foucu. Les allemands dormaient, ils ne furent pas réveillés par le passage de l’avion. Nous n’avons pas eu à intervenir. Nous avons aperçu, dans le clair de lune, la corolle d’un parachute qui venait de s’ouvrir et l’un des parachutes est tombé en dehors du terrain dans un herbage entre le terrain de parachutage et la départementale 23. En plus des armes, mitraillettes et carabines américaines, explosif, matériels divers, avait été parachuté un paquet cacheté à la cire, à remettre à Jean Renaud-Dandicolle. Jean en avait été informé à l’avance. par la radio. il attendait à Acqueville chez, les Abavent, où il logeait fréquemment, le résultat du parachutage. J’ai trouvé ce paquet cacheté, je me rendis à Acqueville pour le lui remettre. Je lui donne donc aussitôt. Jean Renaud‑Dandicolle me dit

«  Merci Georges, ce paquet contient un million de francs ( de l’époque), je vais le partager en trois lots, l’un pour Maurice Larcher, l’autre pour André le Nevez et le reste pour moi-même. »

Les containers furent transportés et dissimulés dans le roncier à la lisière du bois de Saint-Clair. Les jours suivants il était procédé à la récupération des armes ,et du matériel et à leur stockage sous le tas de bourrées. Les containers furent jetés, avec les premiers containers, dans un puits qui existait à l’extrémité d’une prairie à l’angle de la route de Pierrefitte-en-Cinglais et de la route de Bonnoeil, en face de la ferme de Louis Jousset. A chacune de ces opérations des hommes de garde étaient placés au pourtour de la ferme Grosclaude pour alerter les équipes au travail. J’étais donc de garde sur la route de Bonnoeil au premier parachutage, puis au pied du Belvédère au second parachutage et une autre fois en bordure de la départementale 23 à l’embranchement de cette route et du chemin d’accès à la ferme Grosclaude. J’avais un fauchard et un marteau. Je devais commencer à nettoyer le bas du talus de la route, surveiller la route et à la moindre alerte, taper avec mon marteau sur le fauchard pour donner l’alerte.

4) Débarquement

Le 5 Juin 1944 dans la fin de la soirée un message fut entendu à la radio anglaise par plusieurs membres du Maquis : ” Le champ du laboureur dans le matin brumeux “. Ce message annonçait le débarquement dans les heures à venir. Sur l’ordre d’André Le Nevez, je me rends au Détroit pour prévenir mon père Lucien Bernier. Il doit alors réunir ses hommes et se rendre rapidement à Saint-Clair. Je repars aussi vite, car en tant que responsable des armes, je dois remettre à chaque maquisard qui se présente : les armes, les munitions, les chargeurs. J’assure ce travail du 5 Juin au soir jusqu’à la fin de la matinée du 6 Juin.

5) Attaque de la voie ferrée à Grimbosq

Le sabotage de cette voie ferrée avait été confié au Maquis de Saint-Clair. II a été exécuté dans la nuit du 5 au 6 Juin. Je n’ai pas fait partie de l’équipe, mais j’ai remis l’armement, les munitions, les explosifs, détonateurs et cordon à chacun. L’équipe était composée d’André LE NEVEZ, Robert LE NEVEZ, André HÉRICY, Gérard DAN et son fils.,

Gérard DAN avait fait son service dans le Génie et était carrier. C’est lui qui plaça les explosifs dans une courbe de la voie ferrée à la halte de Grimbosq et amorça la charge. Durant le sabotage les autres membres armés de l’équipe protégeaient les artificiers. L’opération fut pleinement réussie.

6) Attaque d’un convoi allemand à l’étang de Meslay

Dans l’après-midi du 6 Juin 1944, Jean Renaud-Dandicolle est venu faire une reconnaissance avec plusieurs membres du Maquis pour préparer une attaque éventuelle contre un convoi allemand sur la départementale 134, dans le virage de cette route à hauteur de l’Étang de Meslay. Je n’étais pas à cette reconnaissance. Mais Jean Renaud-Dandicolle m’a demandé d’aller avec lui et environ une dizaine d’hommes à l’embuscade préparée dans la soirée du 6 Juin.

Louis Jousset était avec un fusil mitrailleur sur la berne de la roule, à la sortie du village, après l’étang, vers l’Est, le long d’un petit bois. J’étais servant du fusil mitrailleur de Louis Jousset, Philippe Durel et Antoine Sepulchre De Condé étaient postés au bas du talus, aussitôt après l’étang, tout près de l’embranchement d’un petit chemin forestier qui était en face de l’ancien café. Ils étaient équipés de mitraillettes. Les deux frères Guérin, Jean Foucu et d’autres étaient postés le long de la foute en des endroits différents. Nous avons entendu un bruit de moteur. Quand le convoi allemand a commencé à s’engager, Jean Renaud-Dandicolle a donné l’ordre de tirer. Philippe Durel tira le premier sur le premier véhicule, Louis Jousset tira une ou deux rafales au fusil mitrailleur sans vider son chargeur. Devant l’importance du convoi Jean Renaud-Dandicolle a donné l’ordre de dispersion. Le groupe se replia vers le Nord-Est, en pénétrant dans le sous-bois et en atteignant rapidement un champ de pommiers, pour revenir ensuite vers les bois de Saint-Clair. Le groupe était emmené par Louis Jousset, qui connaissait parfaitement les bois tt avait été désigné comme guide par Jean Renaud-Dandicolle. Antoine Sepulchre De Condé se trouva coupé du groupe et se cacha dans le lit d’un petit ruisseau, sous des branchages, à côté du lieu de l’embuscade, jusqu’au départ des allemands. Pendant plusieurs jours le groupe fut inquiet, car Antoine Sepulchre De Condé avait perdu sa carte d’État-Major qui comportait le nom de son père.

Il n’y a pas eu de représailles car les allemands ont du penser qu’il s’agissait de parachutistes. Je précise par ailleurs que les allemands avaient un hôpital militaire au Château d’Acqueville et que les paysans français étaient réquisitionnés pour creuser les tombes des nombreux morts.

Toute cette région a été bombardée par l’aviation alliée. Sur la départementale 23, en direction de Saint-Clair à hauteur du lieu-dit le Quesnot, entre le carrefour de Meslay et le bois de Saint-Clair, il y avait un énorme trou de bombe directement sur la route, qui gênait très sérieusement les convois allemands.

7) Transfert du groupe d’hommes et des armes de Saint-Clair vers le moulin des loges (commune des Loges Saulces )

Après les parachutages et le débarquement vers la mi-juin, les différents groupes (Groupe André Le Nevez, Groupe Lucien Dernier, Groupe de Saint-Clair) reçurent l’ordre de se regrouper au Moulin des Loges à 7 kms Sud-Est de Saint-Clair. Jean Renaud-Dandicolle constitua deux détachements. D’abord tous les hommes parfaitement armés et équipés, une quarantaine environ, firent mouvement vers le Moulin des Loges, et ensuite un groupe constitué par des ânes bâtés, réquisitionnés à un dénommé Glinel, qui les utilisait habituellement pour faire du débardage de bois en forêt. Ces ânes transportaient ainsi le stock d’armes, de munitions et d’explosifs détenus par le Maquis de Saint-Clair, avec un groupe de protection de cinq à six hommes, Philippe Durel et Antoine Sepulchre De Condé etc.

Cette nouvelle zone devait servir de base d’opérations pour des actions de guérilla. Très vite, cette zone de rassemblement fut abandonnée pour plusieurs raisons. D’abord, du fait de la densité des troupes allemandes, en raison également du site géographique qui constituait un cul-de-sac, au pied d’une vallée très encaissée, entourée, de collines élevées avec des rives abruptes, et enfin les maires du Détroit ( Monsieur Viel), et de Rapilly ( Monsieur De Mons), et un ou deux autres demandèrent avec insistance le départ des maquisards, craignant la répression des troupes allemandes à l’égard des populations civiles. Ce lieu dangereux fut abandonné et l’ensemble du groupe repartit vers Saint-Clair en reprenant le même itinéraire qu’à l’aller.

8 Retour du moulin des Loges vers Saint-Clair et attaque allemande au château de Pierrefitte-en-Cinglais

Sur l’itinéraire du retour, le groupe fut accroché dans la partie boisée entourant le Château de Pierrefitte et le chemin d’accès au Château. Les allemands crièrent ” Halt ” et ouvrirent le feu. Au passage-aller, il n’y avait pas de troupes allemandes. Au passage-retour un état-major allemand s’était installé au Château. Au cours de cet accrochage, Faucaudel fut blessé. Il fut secouru par Philippe Durel et Alexandre Guerin.

La sœur D’antoine Sepulchre De Condé, qui était infirmière, est venue le soigner. FaucaudeL fut transporté chez Kléber Lechallier. Ensuite André Le Nevez a donné l’ordre de déguerpir immédiatement.

Les hommes se replièrent vers les Bois de la Forestelle, mais hélas des armes et des munitions furent abandonnées sur place. Le groupe est bien arrivé à Saint-Clair.

Plusieurs avaient ramené leur arme et leur sac de munitions. Et c’est à ce moment-là que Jean Renaud-Dandicolle a dit : «  Nous sommes trop nombreux. Il faut rentrer chez vous et attendre mes ordres. » Jean Renaud-Dandicolle, à chaque déplacement, interdisait que les hommes parlent pour faire croire qu’il s’agissait de parachutistes Anglais, puisque les hommes portaient des blousons militaires. Deux jours après Lucien Bernier, Georges Bernier, Lebrun du Mesnil-Villement, Leroyer du Haut d’Ouilly et un ou deux autres de Pont d’Ouilly, sur ordre de Jean Renaud-Dandicolle, sont venus récupérer des armes abandonnées dans les bois autour du château. C’est ainsi que furent récupérés plus d’une dizaine de carabines américaines, plus d’une dizaine de mitraillettes, des explosifs et des munitions, des mines et crève-pneus.

Après la récupération des armes, le groupe est reparti par les bois en passant entre Trépel et Pierrefitte-en-Cinglais, pour faire halte au Mont Pitois. Avant d’arriver à la Ferme du Mont Pitois, en-progressant à découvert, des soldats allemands ont essayé d’intercepter le groupe de Résistants.

Par chance un avion anglais passant au même moment à basse altitude a mitraillé ces soldats allemands, qui se sont enfuis.

Le fermier, Hubert Dujardin, de la Ferme du Mont Pitois, accepta de dépanner le groupe en cachant les armes dans le bâtiment agricole à droite de la maison d’habitation, à droite en entrant dans la cour de la Ferme,

Le lendemain matin, Lucien et Georges Bernier sont venus du Detroit avec un tombereau et un cheval pour charger les armes les munitions et les explosifs. Ils se rendirent au Détroit en prenant la petite route des Iles d’Ouilly vers la départementale 511, puis en prenant le chemin de terre en face de cette petite route, qui les conduisit directement au Détroit. Ces armes furent dissimulées à nouveau sous un tas de fagots monté dans la ferme de Lucien Bernier, et dans le prolongement de la maison d’habitation. Après la tragédie de Saint-Clair, les armes furent transférées du tas de bourrées du Détroit, à Rapilly dans une bouverie qui appartenait à mon oncle. Durant tout le mois de Juin, j’ai placé des crève-pneus, autour de Pont d’Ouilly, et sur les routes en direction de Falaise.

9) Choix d’un terrain en vue d’un nouveau parachutage

Jean Renaud - Dandicolle avait demandé à Louis JOUSSET et à mon Père Lucien Bernier, de trouver un autre terrain de parachutage plus important au cas où des hommes, des munitions, de l’armement seraient à nouveau parachutés dans la région, en précisant qu’il s’agissait d’un ordre des alliés.

Sur la proposition de Louis Jousset, les herbages, situés au Sud du Haras du Haut- d’Ouilly, furent retenus, après la reconnaissance des herbages par Jean Renaud - Dandicolle.

Le 6 ou 7 Juillet 1944, Jean Renaud - Dandicolle est venu au Détroit voir Lucien Bernier pour constituer une équipe pour le nouveau parachutage. Cinq hommes devaient venir de Saint-Clair. Lucien Bernier a déclaré qu’il disposait d’environ dix hommes.

Lucien Bernier aurait ajouté: ” II faut que tu partes, je suis inquiet ‘”. Jean Rehaud-Dandicole a répondu : ” Nous partons demain malin. Les Grosclaude ont préparé un bon repas pour ce soir. Nous ne partirons donc que demain matin “.

10) Attaque allemande du 8 juillet 1944

La Ferme Grosclaude, ou était installé le P.C. du Maquis, a été attaquée par les Allemands le 8 Juillet 1944.

Je n’étais pas présent à cette attaque. Ce que je sais, je l’ai appris par Jean Foucu l’unique rescapé.

Après l’échange des premiers coups de feu et après les premiers morts, Jean Foucu a pu s’échapper en se précipitant dans les bois, en direction de l’Est. Les bois étaient très proches des bâtiments de la ferme. Jean Foucu connaissait très bien le bois. Il s’est d’abord dirigé vers La Boissaye et ensuite vers Bonnoeil. Le témoignage de Jean Foucu a été publié dans une brochure écrite par Henri Lamperiere sur le Maquis de Saint-Clair.

Louis Jousset, qui habitait à proximité du carrefour du Belvédère, au-dessus de la Ferme Grosclaude, a raconté à son fils Jean que le matin du 8 Juillet il avait voulu aller chez les Grosclaude. Au carrefour il aurait rencontré la fille de Tanzer qui habitait au Belvédère. Elle lui aurait dit : ” N’allez pas chez les Grosclaude, il se passe de drôle chose là-bas “.

Plusieurs autres membres du Maquis auraient peut-être participé au repas la veille au soir et seraient repartis ensuite après le repas.

Les corps de Maurice Larcher, Officier Radio Britannique, et de John Cleary, Officier Pilote Canadien, auraient été enterrés par les allemands à 400 mètres environ de la Ferme, à la lisière du bois en descendant, selon le témoignage à l’époque de Louis Jousset. Les allemands ont capturé Georges et Eugénie Grosclaude. Georges Grosclaude a été amené et enfermé à la ferme de Louis Jousset. Eugénie Grosclaude avait été amenée et enfermée plus loin à la Ferme Neryck. Louis Jousset a été autorisé à donner à boire à Georges Grosclaude par une sentinelle allemande. Georges Grosclaude lui a dit à voix basse : ” Ne t’inquiètes pas, je n’ai pas parlé, je ne parlerai pas “.

Après l’attaque de la Ferme Grosclaude, Jean Renaud-Dandicolle a pu s’enfuir en direction de Pierrefitte-en-Cinglais. Lorsque les allemands se sont approchés, il s’est mis à ” biner ” les betteraves avec un garçon de 16 ans, qui travaillait dans ce champ de betteraves. Les allemands se précipitèrent pour le capturer. Il se défendit et fut blessé et emmené par les soldats allemands.

J’ignore ce que les autres membres du Maquis ont fait après ces événements. Par contre, j’ai continué le combat et j’ai pris contact avec les troupes britanniques de la 59èmc Division d’Infanterie. Avec Lucien Bernier, Marc Toutain, Leroyer, Brun, nous avons assumé des missions d’écIaireurs pour les troupes anglaises. En particulier, nous avons été menés en voiture par un Officier de l’État-Major de la 59ème Division qui était au Haut d’Ouilly, et nous avons été conduit au bord de l’Orne, au Moulin de Donay pour faire une reconnaissance sur l’autre rive de l’Orne, et, ramener des renseignements sur l’implantation, et l’importance des troupes allemandes. Nous avons rencontré, de l’autre côté de l’Orne, des civils français, qui ont d’abord été surpris de rencontrer des français en armes. Nous avons rempli notre mission, obtenu tous les renseignements demandés et préciser à l’Etat-Major anglais qu’il n’y avait plus de troupes allemandes sur l’autre rive de l’Orne qu’ils avaient quitté tout récemment.

Après cette mission, j’ai considéré que mes activités au Maquis de Saint-Clair étaient terminées.

Je me suis donc engagé dans l’Année Américaine pour continuer la guerre.

Le 8 Mai 1945, je me trouvais donc, avec les soldats américains, aux environs de Munich.

Je certifie sincère et véritable ce témoignage sur le Maquis de Saint-Clair. Fait à Epron, le 10 Novembre 1997

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oct 13 2008

Rédiger un texte après un entretien.

 

Rédiger un texte après un entretien

Vous avez recueilli un témoignage, souvent très riche, sur bande magnétique ou sur support numérique.

A présent, vous devez composer individuellement un texte. Il faut donc que rapidement chaque membre du groupe d’entretien possède une copie de l’enregistrement.

Ce texte est destiné à communiquer à un large public tout l’intérêt que vous avez pris lors de cet entretien et à restituer le plus fidèlement possible le témoignage que vous avez reçu.

1° / Ecoute des cassettes et prise de notes:

Il est plus aisé d’établir un texte à partir de notes écrites qu’en écoutant plusieurs fois la bande… Vous devez donc retranscrire par écrit un maximum de propos. Comme il s’agit d’un travail fastidieux, il est nécessaire de partager cette tâche entre chaque membre du groupe. Puis, chacun photocopiera la retranscription pour l’avoir en totalité.

Attention organisez-vous pour que ce travail se fasse rapidement

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oct 13 2008

REALISER UN ENTRETIEN POUR RECUEILLIR UN TEMOIGNAGE

 

 

Fiche méthode : REALISER UN ENTRETIEN POUR RECUEILLIR UN TEMOIGNAGE

Il faut respecter les consignes suivantes:

1°) Avant l’entretien avoir une idée assez précise de l’objectif à atteindre : Cet objectif, c’est la réalisation d’un texte de grande qualité, compréhensible par tous, respectant fidèlement les propos et les sentiments de la personne intéressée et dans lequel vous n’oublierez pas vos remarques personnelles, l’évolution de vos sentiments au fur et à mesure de l’entretien. [Chaque témoignage sera enrichi ponctuellement par des éclairages historiques très brefs afin de permettre de comprendre le contexte historique et les allusions contenues dans le témoignage. Il faudra donc effectuer encore quelques lectures a posteriori].

2°) Avoir le jour de l’entretien déjà une idée bien précise des thèmes que vous souhaitez aborder avec votre « gardien de Mémoire». La qualité du texte final dépendra en grande partie de la pertinence de vos questions.

3°) Avoir le jour de l’entretien des connaissances assez nombreuses et précises déjà sur la période de la guerre, de l’Occupation et de la Libération avec les débarquements alliés.

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sept 08 2008

Jean Renaud Dandicolle

T. Montouroy a entrepris depuis deux ans maintenant la rédaction d’un document présentant l’activité de Jean Renaud-Dandicolle pendant les années 1940 - 1944. Ce document est destiné, à l’origine, à la famille de Jean auquel il est apparenté par sa mère, l’une de ses cousines germaines.

Son travail est présenté sur notre site “annexe” en :

http://jacques-vico.fr/JEAN%20RENAUD-DANDICOLLE.htm

Nous sommes heureux et fiers de la confiance que nous fait Thierry Montouroy.

Nous avons travaillé sur le maquis de Saint Clair et voulions aussi présenter son jeune chef .

C’est maintenant fait grâce à Monsieur Montouroy.

Il nous restera quelques témoignages à ajouter.


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sept 03 2008

Maquis de Saint Marcel : présentation.

Saint-Marcel est une petite localité du Morbihan située à une trentaine de kilomètres de Vannes. Ploërmel est à 19 kilomètres au nord, Malestroit à trois kilomètres à Test. Ce sont les villes les plus proches de ce petit bourg rural que deux routes à très faible circulation traversaient à l’époque. Cet éloignement des grandes voies de communication, la présence d’une végétation composite alternant cultures céréalières et taillis retiennent en 1943 l’attention des Alliés qui cherchent un site valable afin de permettre des parachutages d’armes, voire même d’unités aéroportées. Un terrain est plus particulièrement retenu. Bien que très isolé dans la campagne bretonne, il est facile à repérer d’avion car il se situe entre la ligne de chemin de fer Questembert-Ploërmel et la rivière Oust… Le terrain est homologué par les Alliés sous le nom de code de “Baleine” et à partir de mai 1943, c’est une DZ (dropping zone) qui reçoit de nombreux containers d’armes et de munitions.

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sept 03 2008

Maquis de Saint Marcel : M. Philippe Reinhart : “Qui ose gagne”

“Qui ose gagne” était la devise des parachutistes S.A.S. M. Philippe Reinhart fut l’un d’entre eux.

Cette formule, il l’a faite sienne pendant toute la guerre.

Un article de Ouest-France, publié à l’occasion du Cinquantième anniversaire du Débarquement, nous a permis de retrouver trace de Philippe Reinhart alias Sœur Philippe à Neuilly sur Seine.

Son aventureux passage à la Clinique des Augustines de Malestroit alors qu’il était un parachutiste S.A.S. blessé avait retenu toute notre attention et nous tenions vraiment à en savoir plus.

Rendez-vous fut donc pris et c’est très amicalement que Philippe Reinhart nous accueillit à son domicile et accepta de répondre aux questions auxquelles Olivier, Etienne et Julien avaient songées. Il avait eu la délicatesse de regrouper à notre intention un ensemble d’anciens articles de presse consacrés à celles qui lui avaient sauvé la vie : les religieuses Augustines de Malestroit et leur admirable supérieure. Mère Yvonne-Aimée.

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sept 03 2008

Maquis de Saint Marcel : Sœur Marie-Bernard, Communauté des Augustines de Malestroit.

Parmi les nombreux témoignages recueillis dans le cadre de notre enquête sur l’histoire du Maquis de Saint-Marcel, nous portons une attention toute particulière à l’entretien qu’a bien voulu nous accorder Sœur Marie-Bernard, au sein de la Communauté des Augustines de Malestroit, localité proche de Saint-Marcel. Ces religieuses s’occupent toujours de la clinique qui jouxte leurs bâtiments.

Sœur Marie-Bernard est entrée au couvent de Malestroit en 1930, à l’âge de 19 ans. Elle a bien connu Mère Yvonne-Aimée qu’elle a côtoyée jusqu’à la mort de cette dernière, en 1951. Elle est ainsi un témoin privilégié à la fois de cette période de la Résistance et des actes héroïques de celle qui fut sa Mère Supérieure, une personnalité exceptionnelle si ce n’est même extraordinaire.

Nous tenons, avant de vous livrer cet entretien avec le plus de fidélité possible, à remercier Sœur Marie-Bernard pour sa gentillesse et sa disponibilité. L’entretien eut lieu dans le parloir de la communauté, aux meubles cirés avec soin. Sœur Marie-Bernard vint avec quelques notes et cala son corps dans un grand fauteuil en chêne. Dans ses habits blancs, elle était rayonnante et nous souriait amicalement.

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